Plan comptable d’un restaurant : comptes clés et exemples d’écritures

Plan comptable d’un restaurant : comptes clés et exemples d’écritures

Un restaurant se pilote aussi dans ses comptes.

Le bon plan comptable évite les erreurs de TVA, les stocks mal suivis et les marges floues. Dans le cadre du Plan comptable général, publié et consolidé par l’ANC, il faut surtout bien distinguer les ventes, les achats, la caisse, la banque, les tiers et la paie pour lire correctement le résultat d’exploitation. (anc.gouv.fr)

Voici une méthode simple pour choisir les bons comptes et passer les écritures sans complexifier inutilement votre quotidien.

Pourquoi ce sujet compte autant dans un restaurant

Le bilan, le compte de résultat et l’annexe sont les documents de base de l’exercice comptable. Le compte de résultat retrace les produits et les charges, donc tout ce qui touche aux ventes de salle, aux achats de denrées, aux salaires et à la TVA finit par s’y refléter. (economie.gouv.fr)

Dans un restaurant, le point délicat est la ventilation : repas servis sur place, vente à emporter, boissons, livraison, titres-restaurant, espèces et carte bancaire. Quand la TVA est à 10 % pour la restauration et à 20 % pour les boissons alcooliques, un découpage propre du chiffre d’affaires devient vite indispensable. (economie.gouv.fr)

Les comptes clés à prévoir dans le plan comptable d’un restaurant

Les comptes ci-dessous reprennent la logique du PCG et les classes utiles à un dossier restaurant. L’ANC publie une version consolidée du plan de comptes et met à jour ses règlements ; vous pouvez donc vous appuyer sur une base stable, puis créer des sous-comptes internes adaptés à votre carte et à votre logiciel de caisse.

Tableau des comptes incontournables

Compte À quoi il sert Exemple dans un restaurant
706 Prestations de services Repas servis à table, prestations de restauration, banquets ou privatisations selon votre paramétrage interne.
707 Ventes de marchandises Produits vendus tels quels, par exemple une épicerie, une cave à emporter ou une revente sans transformation.
601 Achats stockés de matières premières et fournitures Denrées, ingrédients, matières premières de cuisine et achats destinés à être consommés dans la production.
607 Achats de marchandises Boissons ou produits achetés pour être revendus sans transformation.
6031 / 6037 Variations de stocks Inventaire des matières premières en cuisine et des marchandises en cave ou en réserve.
6061 / 6063 / 6064 Fournitures non stockables et petits consommables Eau, énergie, petit équipement, fournitures administratives et consommables courants.
44571 TVA collectée TVA calculée sur vos encaissements de ventes.
44566 TVA déductible sur autres biens et services TVA récupérable sur vos factures fournisseurs, hors immobilisations.
531 Caisse Encaissements en espèces au comptoir ou en salle.
512 Banques Règlements par carte bancaire, virements et remises en banque.
401 Fournisseurs Dettes envers les fournisseurs de denrées, de boissons, de linge ou de prestations.
411 Clients Factures adressées à des entreprises, événements ou partenaires qui règlent à terme.
421 Personnel - rémunérations dues Salaires nets à payer avant virement.
431 / 437 Sécurité sociale et autres organismes sociaux Cotisations URSSAF, retraite, mutuelle et autres organismes sociaux.
645 Charges de sécurité sociale et de prévoyance Charges patronales liées à la paie.
6478 Part employeur des titres-restaurant Participation patronale aux titres-restaurant, selon le paramétrage retenu.

Le cœur du suivi reste simple : 706 pour la prestation de restauration, 707 pour les marchandises vendues telles quelles, 601/607 pour les achats, 6031/6037 pour les stocks, 44571/44566 pour la TVA, 531/512 pour la trésorerie, et 401/411/421/431/437/645 pour les tiers et la paie. (anc.gouv.fr)

Comment ventiler les ventes, les achats et les stocks

Le meilleur paramétrage consiste à séparer vos ventes par nature et, si possible, par taux de TVA. En pratique, cela permet de distinguer la prestation de restauration, les marchandises vendues telles quelles et les flux soumis au taux de 20 % lorsque des boissons alcooliques sont en jeu. C’est aussi ce qui facilite la ventilation d’un menu quand plusieurs taux coexistent.

Vous pouvez créer des sous-comptes internes pour la salle, l’emporter, la livraison ou le bar ; le PCG fixe le cadre, mais le détail opérationnel se construit souvent avec le logiciel de caisse. Pour le volet TVA et arbitrages de taux, l’optimisation fiscale en restauration complète utilement cette logique.

Pour les consommables non stockés, le PCG prévoit le compte 606, avec des sous-comptes comme 6061 pour l’eau et l’énergie, 6063 pour le petit équipement et 6064 pour les fournitures administratives. En cuisine, cela évite de mélanger les achats de matières premières avec les dépenses courantes d’exploitation. (anc.gouv.fr)

Si vous êtes encore au stade de l’ouverture, il est plus efficace de penser le plan de comptes en même temps que le statut, le budget et le prévisionnel. L’accompagnement à la création d’un restaurant sert justement à verrouiller ce socle dès le départ.

Exemples d’écritures comptables courantes dans un restaurant

Vente d’un repas réglé en caisse

Exemple : un menu servi sur place à 22 € TTC, avec une TVA à 10 %.

Écriture type :
Débit 531 Caisse : 22 €
Crédit 706 Prestations de services : 20 €
Crédit 44571 TVA collectée : 2 €

Le principe est le même si le client paie par carte bancaire : seul le compte de trésorerie change. La logique comptable reste d’isoler le chiffre d’affaires hors taxes et la TVA collectée.

Vente réglée par carte bancaire

Exemple : une addition de 55 € TTC payée par carte.

Écriture type :
Débit 512 Banques : 55 €
Crédit 706 Prestations de services : 50 €
Crédit 44571 TVA collectée : 5 €

Ce type d’écriture est utile pour les restaurants qui encaissent beaucoup en CB, car il permet de rapprocher rapidement le journal de caisse, les remises TPE et le relevé bancaire. (anc.gouv.fr)

Achat de denrées alimentaires

Exemple : une facture fournisseur de 240 € TTC pour des denrées de cuisine.

Écriture type :
Débit 601 Achats stockés - matières premières : 200 €
Débit 44566 TVA déductible sur autres biens et services : 40 €
Crédit 401 Fournisseurs : 240 €

Cette écriture permet de distinguer les achats nécessaires à la production des repas des simples frais de fonctionnement. C’est la base d’un suivi sérieux du food cost et de la marge brute. (anc.gouv.fr)

Achat de boissons ou de marchandises revendues

Exemple : une facture de 120 € TTC pour des produits revendus sans transformation.

Écriture type :
Débit 607 Achats de marchandises : 100 €
Débit 44566 TVA déductible sur autres biens et services : 20 €
Crédit 401 Fournisseurs : 120 €

Cette distinction entre 601 et 607 est essentielle : elle évite de mélanger les ingrédients de production avec les produits achetés pour être revendus en l’état. (anc.gouv.fr)

Salaires, charges sociales et paie HCR

Exemple : un salaire net à payer de 2 000 € avant virement.

Écriture type :
Débit 641 Rémunérations du personnel : 2 000 €
Crédit 421 Personnel - rémunérations dues : 2 000 €

Ensuite, les charges patronales sont suivies en 645, avec une ventilation vers 431 et 437 selon les organismes sociaux concernés. Si votre établissement emploie beaucoup de saisonniers, la paie HCR et les déclarations sociales méritent un paramétrage séparé du simple journal d’achats. (anc.gouv.fr)

Titres-restaurant

Les titres-restaurant ne sont pas obligatoires, mais lorsqu’ils sont mis en place, la participation patronale peut être exonérée jusqu’à 7,32 € par titre depuis le 1er janvier 2026, à condition de représenter entre 50 % et 60 % de la valeur du titre. Pour un titre financé à hauteur de 7,32 €, la valeur du titre doit se situer entre 12,20 € et 14,64 € pour ouvrir droit à l’exonération maximale. (service-public.fr)

Écriture type :
Débit 6478 Part employeur titres-restaurant : 180 €
Crédit 401 Fournisseur de titres-restaurant : 180 €

Sur le plan technique, la DGFIP indique que le compte 6478 peut servir à comptabiliser la part employeur liée aux tickets restaurant, avec un traitement en lien avec les comptes de personnel et d’organismes sociaux. (economie.gouv.fr)

Inventaire et variation de stocks

Au moment de l’inventaire, les comptes 6031 et 6037 servent à corriger les achats de l’exercice avec la variation des stocks. Si le stock final augmente, la charge d’achat est mécaniquement atténuée ; s’il baisse, l’effet inverse se produit. L’important est de garder un périmètre constant d’un mois à l’autre et de compter séparément les denrées, les boissons et les consommables. (anc.gouv.fr)

Construire un plan de comptes simple et exploitable

Un bon plan comptable de restaurant ne cherche pas à tout prévoir dans le moindre détail ; il cherche à rendre les bons arbitrages visibles. En pratique, il vaut mieux un plan clair, avec quelques sous-comptes bien pensés, qu’une arborescence trop lourde que personne n’utilise. Le but reste de retrouver vite le chiffre d’affaires, les marges, la TVA, les salaires et les stocks.

  • Rapprochez chaque jour ou chaque semaine les encaissements de caisse avec les ventes enregistrées en 706 et 707.
  • Relevez les remises CB et comparez-les au compte 512 afin de repérer rapidement les écarts.
  • Lettrez les fournisseurs en 401 dès réception des factures pour garder un poste crédible.
  • Suivez les salaires et charges sociales en 421, 645, 431 et 437 pour éviter les régularisations de clôture.
  • Faites un inventaire régulier des denrées, des boissons et des consommables pour tenir 6031 et 6037 à jour.

Si vous préférez déléguer ce contrôle, la tenue comptable mensuelle d’un restaurant offre un cadre plus confortable que les reprises manuelles de fin d’année.

Erreurs fréquentes à éviter

Les erreurs les plus courantes viennent rarement d’une complexité comptable extrême ; elles viennent plutôt d’un mauvais classement. C’est pourquoi un plan de comptes cohérent, relié à la caisse, à la banque et à la paie, change vraiment la qualité du suivi. (anc.gouv.fr)

  • Ne mettez pas tout le chiffre d’affaires dans un seul compte si vous mélangez restauration sur place et marchandises vendues telles quelles.
  • Ne confondez pas TVA collectée et TVA déductible, car 44571 et 44566 n’ont pas le même rôle.
  • N’oubliez pas les stocks, sinon la marge d’un mois à l’autre devient artificielle.
  • Ne classez pas l’eau, l’énergie ou le petit consommable comme des achats de denrées si le compte 606 est plus adapté.
  • Ne traitez pas les titres-restaurant comme une charge salariale classique sans distinguer la part patronale et le bulletin de paie.

FAQ sur le plan comptable d’un restaurant

Quel plan comptable spécifique pour un restaurant et quels comptes clés utiliser ?

Il n’existe pas un plan comptable “spécial restaurant” imposé par la loi, mais un PCG adapté au secteur. En pratique, gardez 706 pour la prestation de restauration, 707 pour les marchandises revendues telles quelles, 601/607 pour les achats, 6031/6037 pour les stocks, 44571/44566 pour la TVA, 531/512 pour la trésorerie, et 401/411/421/431/437/645 pour les tiers et la paie. L’ANC publie une version consolidée du plan de comptes, mise à jour régulièrement.

Comment ventiler les ventes d’un restaurant dans les comptes de produits pour un reporting clair ?

Le plus clair est de ventiler le chiffre d’affaires par nature de vente et, si besoin, par taux de TVA. La prestation de restauration sur place passe en 706 ; les marchandises vendues telles quelles passent en 707. Ensuite, créez des sous-comptes internes par canal : salle, emporter, livraison, bar, privatisations. Cette séparation facilite les ventilations de TVA, notamment quand une même prestation mélange des éléments au taux de 10 % et des boissons alcooliques à 20 %.

Quelles écritures comptables pour les achats de nourriture et de boissons dans un restaurant ?

Pour les denrées et matières premières, utilisez en principe 601 ; pour les marchandises revendues sans transformation, utilisez 607. À chaque facture fournisseur, vous enregistrez le montant hors taxes au débit du bon compte d’achat, la TVA déductible au débit de 44566, puis le total TTC au crédit de 401. Si les consommables ne passent pas par un stock, le compte 606 peut être plus adapté. La clé est de garder une logique cohérente d’un mois à l’autre. (anc.gouv.fr)

Comment enregistrer les titres-restaurant dans le plan comptable d’un restaurant ?

La part patronale est souvent enregistrée en 6478, tandis que la part salariée est récupérée via la paie selon le paramétrage du logiciel. Depuis le 1er janvier 2026, l’exonération de la participation patronale peut aller jusqu’à 7,32 € par titre, à condition que la prise en charge soit comprise entre 50 % et 60 % de la valeur faciale. En pratique, il faut surtout distinguer le traitement social, la part employeur et l’éventuelle retenue sur salaire.

Quels sous-comptes et procédures prévoir pour les stocks et les consommables d’un restaurant ?

Pour les stocks, les comptes 6031 et 6037 servent à enregistrer la variation d’inventaire sur les matières premières et les marchandises. Pour les consommables non stockés, le PCG prévoit notamment 6061, 6063 et 6064. La bonne pratique consiste à inventorier régulièrement les denrées, les boissons, les emballages et les petits consommables, puis à conserver un suivi stable dans le temps. Cela rend la marge plus lisible et limite les écarts entre la caisse, les achats et la clôture. (anc.gouv.fr)

Et maintenant ?

Si vous voulez un plan de comptes adapté à votre format et à vos déclarations, vous pouvez commencer par les prestations spécialisées pour la restauration, puis parcourir la tenue comptable mensuelle d’un restaurant. Et si votre projet est encore en phase de lancement, l’accompagnement à la création d’un restaurant vous aide à poser des bases propres dès le départ. Pour une vue d’ensemble, l’accueil de Compta Resto rassemble l’essentiel.

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