Compta Resto : van d’entreprise garé près d’un bureau, comptable triant des reçus et utilisant une calculatrice sur le capot.

La TVA sur un véhicule de société ne se récupère pas toujours.

En 2026, tout dépend surtout de la catégorie du véhicule (utilitaire vs véhicule de tourisme) et de l’usage (activité taxable, véhicule de fonction, etc.). Dans cet article, Compta Resto vous aide à comprendre ce que vous pouvez déduire (TVA et charges), ce qui est plafonné et les points de vigilance les plus fréquents chez les restaurateurs.

Ce qu’il faut savoir en 2026 avant de parler de déduction

Pré-requis : être assujetti à la TVA (et réaliser des opérations ouvrant droit à déduction)

La déduction de TVA n’est possible que si votre restaurant est assujetti et si les dépenses concernent des opérations ouvrant droit à déduction (activité soumise à TVA). En pratique, la TVA déductible se raisonne via le coefficient de déduction (règles générales + exclusions/limitations). Une synthèse officielle est disponible sur impots.gouv.fr : Comment déduire la TVA sur mes achats ?.

Véhicule utilitaire vs véhicule de tourisme : la distinction qui change (presque) tout

La grande bascule, en TVA comme en fiscalité, vient de la qualification du véhicule :

  • Véhicule de tourisme / à usage mixte (souvent “VP”) : il fait l’objet d’une exclusion du droit à déduction dans de nombreux cas (achat, éléments/accessoires, et prestations de services “afférentes”). Les commentaires officiels sont détaillés au BOFiP : BOI-TVA-DED-30-30-20 – Véhicules ou engins de transport de personnes.
  • Véhicule utilitaire (souvent “VU”, catégorie N) : il ouvre généralement droit à déduction de TVA (sous réserve des règles de droit commun et de la correcte qualification).

Point clé 2026 : en TVA, on ne raisonne pas “voiture de société” vs “voiture perso”, mais véhicule de tourisme vs véhicule non exclu (dont utilitaires), plus les exceptions prévues par les textes.

Déduction de TVA sur un véhicule de société en 2026 : ce qui est déductible (et ce qui ne l’est pas)

TVA sur l’achat d’un véhicule

En règle générale, la TVA est exclue du droit à déduction pour les véhicules conçus pour transporter des personnes ou à usage mixte (selon les critères réglementaires). Le BOFiP rappelle explicitement l’exclusion prévue par l’article 206 de l’annexe II du CGI : BOI-TVA-DED-30-30-20.

La règle ne vise pas seulement le véhicule lui-même : elle s’étend aussi aux éléments constitutifs, pièces détachées et accessoires (voir également l’article 206 de l’annexe II du CGI sur Légifrance, notamment les points relatifs aux véhicules et à leurs accessoires).

TVA sur la location (LLD/LOA/crédit-bail), l’entretien et la réparation

En 2026, c’est un piège classique : pour un véhicule de tourisme, la limitation/exclusion de déduction peut aussi toucher les prestations de services afférentes (dont la location). Le texte réglementaire vise les prestations afférentes aux biens dont le coefficient d’admission est nul (voir l’article 206 de l’annexe II du CGI sur Légifrance, disposition relative aux prestations de services afférentes).

À l’inverse, pour un utilitaire utilisé pour l’activité taxable (achats, livraisons, logistique), la TVA sur l’achat/location et les frais liés est en principe déductible selon les règles générales.

TVA sur les carburants : les taux à connaître en 2026

Les carburants font l’objet de règles spécifiques : pour certains carburants (notamment essences, gazoles, superéthanol E85), la TVA est partiellement déductible lorsqu’ils sont utilisés dans des véhicules “exclus du droit à déduction”. Les pourcentages et leur évolution sont repris au BOFiP : BOI-TVA-DED-30-30-40 – Produits pétroliers.

  • Véhicule de tourisme (exclu) : TVA sur essences / gazoles / E85 déductible à 80 % (règle stabilisée depuis 2021/2022 selon le carburant, voir tableau BOFiP).
  • Véhicule non exclu (souvent utilitaire) : TVA sur ces carburants déductible à 100 % (selon le tableau BOFiP, depuis le 1er janvier 2022 pour les “autres véhicules et engins”).

Tableau récapitulatif 2026 : TVA récupérable selon le type de véhicule (cas le plus fréquent en restauration)

Dépense Véhicule utilitaire (souvent catégorie N) Véhicule de tourisme / usage mixte (souvent VP)
Achat du véhicule TVA déductible (droit commun, si usage pro et activité taxable) TVA en principe exclue du droit à déduction (règles art. 206 annexe II + BOFiP)
LLD / LOA / crédit-bail TVA déductible (droit commun) TVA en principe non déductible (prestations de services afférentes)
Entretien / réparations / accessoires TVA déductible (droit commun) Souvent non déductible si considéré “afférent” à un bien à coefficient d’admission nul (à sécuriser)
Carburant (essence, gazole, E85) TVA déductible à 100 % (table BOFiP “autres véhicules et engins”) TVA déductible à 80 % (table BOFiP “véhicules et engins exclus”)

Remarque : il existe des exceptions (location de véhicules soumise à TVA, transport public de voyageurs, auto-écoles, etc.) détaillées dans les commentaires BOFiP : BOI-TVA-DED-30-30-20.

Le cas qui change la donne : véhicule de fonction avec contrepartie (rescrit du 30 avril 2025)

Depuis le 30 avril 2025, l’administration fiscale a publié un rescrit majeur sur la mise à disposition de véhicules aux salariés, avec des conséquences directes sur la TVA : BOI-RES-TVA-000161 (également consultable au format PDF : export PDF).

Quand la TVA peut devenir déductible sur un véhicule de tourisme

Le rescrit indique que lorsque le véhicule est destiné, dès son acquisition, à être mis à disposition permanente d’un salarié avec contrepartie, la TVA ayant grevé l’acquisition n’est pas exclue du droit à déduction. Le document vise explicitement le cas où le salarié renonce à une fraction de salaire (brut ou net) ou un mécanisme comparable, en échange du véhicule.

Conséquence pratique : TVA à collecter (et attention aux modalités)

Si la mise à disposition est considérée comme une prestation à titre onéreux, elle devient en principe soumise à TVA (TVA collectée) sur une base correspondant à la contrepartie (loyer, retenue sur salaire, etc.). L’intérêt potentiel : déduire la TVA “d’amont” sur l’acquisition / la location et, selon les cas, sur les dépenses liées au véhicule. Mais ce montage doit être très cadré (contrat, bulletins de paie, traçabilité, cohérence TVA/social).

Et si vous avez acheté le véhicule avant ? (régularisation possible)

Le rescrit rappelle aussi qu’en cas d’affectation ultérieure du véhicule à une activité bénéficiant d’une exception, la déduction peut prendre la forme d’une régularisation au titre des années restant à courir dans la période de régularisation (voir le rescrit BOI-RES-TVA-000161 en PDF).

Conseil Compta Resto : ce sujet touche à la fois la TVA, la paie (avantage en nature), et la politique RH. Avant de modifier un schéma de rémunération, un cadrage global est indispensable. Vous pouvez en parler avec notre équipe via nos services.

Charges déductibles en 2026 : quelles dépenses passent en résultat (et quelles limites fiscales) ?

En restauration, le véhicule “coûte” rarement uniquement son carburant : assurance, entretien, loyers, amortissements, taxes, stationnement, etc. La plupart de ces dépenses sont comptablement des charges… mais certaines sont fiscalement plafonnées, surtout pour les véhicules de tourisme.

Amortissement : plafonds fiscaux des véhicules de tourisme (règles 2026)

Les véhicules de tourisme sont soumis à une limitation de déductibilité de l’amortissement (et par ricochet, des loyers en cas de location/LOA/LLD). Le BOFiP détaille les plafonds selon le CO2 et la date d’acquisition/location : BOI-BIC-AMT-20-40-50 – Amortissements des véhicules de tourisme.

Tableau 2026 : plafonds de déductibilité (véhicules acquis ou loués à compter du 1er janvier 2017)

Émissions de CO2 Plafond fiscal de base amortissable / déductible Référence (BOFiP)
< 20 g/km 30 000 € BOI-BIC-AMT-20-40-50
≥ 20 et < 60 g/km 20 300 € BOI-BIC-AMT-20-40-50
≥ 60 et ≤ 155 g/km 18 300 € BOI-BIC-AMT-20-40-50
> 155 g/km 9 900 € BOI-BIC-AMT-20-40-50

À ne pas rater : si la TVA n’est pas déductible (cas fréquent des VP), elle est souvent intégrée au coût d’acquisition comptable, ce qui influence la base amortissable… mais le plafond fiscal peut quand même limiter la déduction.

LLD / LOA / crédit-bail : limitation des loyers sur les véhicules de tourisme

Pour les véhicules de tourisme, la règle fiscale vise aussi la part des loyers correspondant à l’amortissement qui dépasserait le plafond. Le BOFiP indique que la limitation s’applique également aux loyers, dans des conditions proches de celles de l’amortissement : BOI-BIC-AMT-20-40-50.

Autres charges courantes d’un véhicule (restauration) : ce qui est généralement déductible

  • Carburant (charge) : déductible, avec TVA déductible partiellement ou totalement selon le véhicule (voir BOI-TVA-DED-30-30-40).
  • Assurance : charge déductible (droit commun).
  • Stationnement / parkings : charge déductible (droit commun) sous réserve de justificatifs.
  • Péages : charge déductible (droit commun) si déplacement professionnel justifié.
  • Intérêts d’emprunt : charge déductible (droit commun), mais l’opération globale peut rester pénalisée sur un VP (TVA non déductible + amortissement plafonné).

Taxes liées au véhicule en 2026 : ex-TVS (taxes sur l’affectation) et environnement

La “TVS” au sens historique a été remplacée par des taxes sur l’affectation des véhicules de tourisme. Pour 2026, les règles et barèmes pratiques sont synthétisés sur Service-Public Entreprendre : Taxes sur l’affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS) (barèmes 2026 CO2 et polluants, exonérations, modalités déclaratives).

Pour le contexte “écologie” (malus CO2, trajectoire 2026, malus au poids, etc.), une page de référence utile est celle du ministère chargé de la transition écologique : Fiscalité environnementale relative aux véhicules.

À retenir pour un restaurateur : ces taxes peuvent transformer un “bon plan” apparent en véhicule coûteux. Une simulation avant achat (ou avant signature LLD/LOA) est souvent rentable, surtout si vous hésitez entre VP et utilitaire, thermique et hybride, ou si vous gérez une flotte.

Exemples chiffrés (2026) : restaurant, TVA et charges (illustrations)

Exemple 1 : achat d’un utilitaire pour livraisons et achats

  • Utilitaire acheté 30 000 € HT, TVA 20 % = 6 000 €
  • TVA déductible : 6 000 € (si l’activité ouvre droit à déduction et facture au nom de l’entreprise)
  • Amortissement : pas de plafond “voiture de tourisme” (on amortit selon la durée d’usage prévue, en droit commun)

Dans beaucoup de restaurants (livraison, courses fournisseurs, transport de matériel), l’utilitaire est la solution la plus simple à sécuriser côté TVA et fiscalité.

Exemple 2 : achat d’un véhicule de tourisme pour un dirigeant

  • VP acheté 36 000 € TTC (dont TVA 6 000 €)
  • TVA sur l’achat : en principe non déductible (exclusion rappelée au BOFiP sur les véhicules de tourisme)
  • Amortissement fiscal : déductible dans la limite du plafond applicable selon les émissions de CO2 (voir BOI-BIC-AMT-20-40-50)
  • Carburant : TVA souvent déductible à 80 % pour les véhicules exclus, selon le carburant (voir BOI-TVA-DED-30-30-40)

Ce type de véhicule peut rester pertinent (image, déplacements, confort), mais il faut l’arbitrer en connaissance de cause : TVA + plafonds peuvent faire grimper le coût réel.

Checklist Compta Resto : sécuriser la TVA et les charges “véhicule” en 2026

  • Vérifier la qualification (utilitaire vs tourisme) à partir des documents du véhicule et des critères réglementaires.
  • Centraliser les justificatifs : factures au nom de la société, carte carburant, contrats de location, relevés de péage/parking.
  • Isoler les usages : pro vs privé (surtout si véhicule de fonction) et anticiper les impacts TVA + social.
  • Anticiper le plafond fiscal d’amortissement/loyers si VP (CO2, date d’acquisition, etc.).
  • Ne pas improviser un montage “contrepartie salarié” : le rescrit TVA est une opportunité, mais il impose un cadre solide (contrat, paie, TVA collectée, cohérence globale).

Pour comprendre comment ces arbitrages s’intègrent à votre comptabilité, votre fiscalité et votre paie, vous pouvez consulter l’histoire et l’ADN de Compta Resto (cabinet spécialisé restauration, accompagnement sur-mesure, outils modernes) et voir comment on travaille au quotidien avec les restaurateurs.

FAQ 2026 – Véhicule de société, TVA et charges : questions fréquentes des restaurateurs

Comment récupérer la TVA sur l’essence d’un véhicule de société en 2026 ?

En 2026, la récupération dépend du type de véhicule. Pour un véhicule de tourisme (souvent VP), la TVA sur certains carburants (essence, gazole, superéthanol E85) est en principe déductible à 80 % selon les règles spécifiques sur les produits pétroliers. Pour un utilitaire (véhicule non exclu), la TVA est généralement déductible à 100 %, sous réserve des règles de droit commun (facture au nom de l’entreprise, usage professionnel, activité taxable). Référence : BOI-TVA-DED-30-30-40.

Véhicule utilitaire ou véhicule de tourisme pour mon restaurant : quel est le plus avantageux fiscalement ?

Souvent, l’utilitaire est plus simple : TVA généralement déductible sur l’achat/la location et sur les frais, et pas de plafond “voiture de tourisme” sur l’amortissement. Le véhicule de tourisme peut coûter plus cher “après impôts” à cause de la TVA non déductible, du plafonnement de l’amortissement/loyers et des taxes type ex-TVS selon les émissions. Le bon choix dépend de votre usage réel (livraison, achats, déplacements), de votre régime TVA et du niveau de CO2. Un chiffrage avant signature évite les mauvaises surprises.

Peut-on récupérer la TVA sur une voiture de fonction en 2026 ?

Oui, potentiellement, mais pas dans tous les cas. Depuis un rescrit publié le 30 avril 2025, l’administration précise que si un véhicule est destiné dès l’acquisition à être mis à disposition permanente d’un salarié avec une contrepartie stipulée, la TVA sur l’acquisition n’est pas exclue du droit à déduction. En contrepartie, l’entreprise peut devoir soumettre à TVA la mise à disposition (TVA collectée). Référence : BOI-RES-TVA-000161. Ce sujet doit être sécurisé avec la paie et la politique RH.

Quelles sont les limites d’amortissement fiscal d’un véhicule de tourisme en 2026 ?

Le plafond fiscal de déductibilité de l’amortissement (et, par extension, une partie des loyers en cas de location) dépend notamment des émissions de CO2. Pour les véhicules acquis ou loués à compter du 1er janvier 2017, le BOFiP indique notamment des plafonds de 30 000 €, 20 300 €, 18 300 € ou 9 900 € selon les tranches d’émissions. Référence : BOI-BIC-AMT-20-40-50. Un véhicule “trop” émetteur peut vite devenir fiscalement pénalisant.

Comment Compta Resto peut m’aider à optimiser les charges et la TVA d’un véhicule de société ?

Compta Resto peut vous accompagner sur l’ensemble du cycle : choix du mode de financement (achat vs LLD/LOA), traitement comptable (immobilisation/charges), sécurisation de la TVA (règles d’exclusion, carburants, cas “véhicule de fonction”), plafonds fiscaux d’amortissement et mise en place des justificatifs (factures, notes de frais, suivi d’usage). L’objectif n’est pas “d’optimiser à tout prix”, mais de payer le juste montant, éviter les erreurs de TVA, et fiabiliser vos déclarations. Pour en savoir plus, consultez les prestations de Compta Resto.

Et maintenant ?

Si vous envisagez d’acheter, louer ou renouveler un véhicule en 2026 (livraison, achats, véhicule de fonction), le bon réflexe est de chiffrer avant : TVA récupérable, plafonds d’amortissement, taxes ex-TVS, et impacts paie si usage privé. Pour un accompagnement adapté à votre restaurant, vous pouvez demander une proposition via la demande de devis Compta Resto.