Bureau de comptable avec calculatrice et factures, livreur remettant un sac de repas — Compta Resto

Les commissions Uber Eats et Deliveroo se comptabilisent presque toujours en charges, tandis que votre chiffre d’affaires doit rester comptabilisé pour son montant “brut” (avant retenues de plateforme).

En pratique, c’est là que beaucoup de restaurateurs se trompent : ils enregistrent le net versé sur le compte bancaire comme du chiffre d’affaires… puis découvrent des écarts de TVA, des marges incohérentes, et des difficultés de rapprochement en fin de mois. Ce guide vous donne une méthode claire (et contrôlable) pour traiter Uber Eats et Deliveroo en comptabilité, avec les points de vigilance TVA et des exemples d’écritures.

Pour aller plus loin (paramétrage, automatisation, clôture), vous pouvez aussi vous appuyer sur Compta Resto, cabinet spécialisé restauration (expertise comptable & audit) : l’objectif est de sécuriser vos flux de vente et vos déclarations, sans perdre de temps au quotidien.

1) Comprendre ce que prélèvent Uber Eats et Deliveroo (et pourquoi ça change la compta)

Commissions : un ordre de grandeur, mais un taux contractuel

Les plateformes communiquent rarement un “tarif unique” public, car le taux dépend du contrat (livraison par la plateforme, click-and-collect, options marketing, zone, volumes, etc.). En revanche, des sources professionnelles et de presse évoquent régulièrement des commissions autour de 25% à 30% (Deliveroo notamment), parfois davantage selon services choisis. (lexpress.fr)

Conséquence comptable : que la commission soit 20%, 28% ou 32%, la logique reste la même : votre vente est une vente, et la commission est un coût d’intermédiation / mise en relation (à justifier par facture/relevé).

Les lignes que vous retrouvez le plus souvent sur les relevés

  • Ventes / revenus de commandes (montant payé par le client pour vos produits)
  • Commissions / frais de service de marketplace (rémunération de la plateforme)
  • Frais additionnels (ex. outils/visibilité/marketing selon options)
  • Ajustements (annulations, remboursements, compensations, litiges)
  • Versements (payout hebdo/bi-mensuel : montant net viré)

Côté justificatifs, Deliveroo indique que les partenaires peuvent consulter et télécharger des factures (format simplifié ou détaillé) depuis le portail partenaire. (help.deliveroo.com)

2) Règle d’or : comptabiliser le chiffre d’affaires “brut” (pas le net versé)

Pourquoi le “net encaissé” est un piège (même si c’est tentant)

Si vous enregistrez uniquement le net versé par Uber Eats/Deliveroo en chiffre d’affaires, vous perdez :

  • la traçabilité : impossible de rapprocher proprement commandes, factures de commission et virements ;
  • la cohérence de TVA : la TVA collectée sur vos ventes (10%/20% selon produits) ne se pilote plus correctement ;
  • la lecture de marge : vos ratios “matière”, “commission plateforme”, “publicité”, etc., deviennent faux.

Bon réflexe : traitez Uber Eats/Deliveroo comme un “encaisseur” (tiers) qui collecte puis vous reverse, et non comme un client final qui achète votre nourriture “au net”.

Commissions : quel compte du PCG utiliser ?

Dans le Plan Comptable Général, on utilise très souvent un compte de la famille 622 (rémunération d’intermédiaires). En pratique, beaucoup de restaurants créent un sous-compte dédié (ex. 6222xx – Commissions Uber Eats / 6222xx – Commissions Deliveroo) pour piloter la rentabilité canal par canal. Des comptes publiés de restaurants montrent bien cet usage (ex. sous-comptes “Commissions Uber Eat”). (pappers.fr)

3) TVA : distinguer la TVA sur vos ventes… et la TVA sur la commission de la plateforme

TVA sur vos ventes (rappel utile en livraison / vente à emporter)

La TVA sur vos produits dépend de la nature des biens et des conditions de consommation. À titre de repère, l’administration fiscale détaille de nombreux cas (plats destinés à une consommation immédiate souvent à 10%, boissons alcooliques au taux normal, certains produits alimentaires à 5,5%, etc.). (bofip.impots.gouv.fr)

Point important : ces taux concernent vos ventes (ce que mange/boit le client). Ils sont indépendants du fait que la vente arrive via une plateforme.

TVA sur les commissions/frais : 2 scénarios à connaître

Scénario A – Facture de commission avec TVA française : si la facture de la plateforme comporte de la TVA française (souvent 20% sur une prestation de service), vous comptabilisez une charge + TVA déductible (si vous y avez droit).

Scénario B – Facture sans TVA (prestation intracommunautaire) : si la facture est émise par une entité établie dans un autre État de l’UE et mentionne une facturation HT avec autoliquidation, vous devez appliquer les règles d’autoliquidation (TVA due et, si déductible, TVA récupérable). L’administration fiscale explique le mécanisme et rappelle aussi les obligations déclaratives (dont la DES dans certains cas). (impots.gouv.fr)

Méthode sans risque : ne devinez jamais. Prenez la facture (PDF) téléchargée depuis le portail, identifiez l’émetteur (pays, n° TVA) et le traitement TVA indiqué.

4) Écritures comptables types (Uber Eats / Deliveroo) : méthode pas à pas

  1. pour faire le lien entre : (
  2. la vente au client, (
  3. la commission, (
  4. le virement net

Tableau : ventilation recommandée des flux Uber Eats / Deliveroo (PCG)

Élément du relevé Traitement TVA Comptes (exemples PCG) Pièce à conserver
Montant des produits vendus (commandes) Produit (CA) “brut” Selon produits (souvent 10% / 20% / 5,5%) 706/707 (selon votre plan) + 44571 Détail des commandes / export
Commission / frais de service plateforme Charge Selon facture (TVA FR ou autoliquidation UE) 6222 (ou 6221/6228 selon plan) + 44566 Facture plateforme (PDF)
Frais marketing / visibilité / outils Charge Selon facture 623 (pub) ou 622/628 (selon nature) Facture / relevé détaillé
Remboursement client / annulation Réduction de CA ou ajustement (selon cas) À traiter de façon cohérente avec la vente initiale 709 (RRR accordés) ou compte de vente en négatif Détail d’ajustement
Virement net reçu Trésorerie Sans objet 512 (banque) / 467 (tiers plateforme) Relevé bancaire

Exemple d’écritures (exemple pédagogique, montants simplifiés)

Hypothèse : sur une période, vous réalisez 1 000 € TTC de ventes (TVA 10% pour simplifier), la plateforme prélève 250 € HT de commission + 50 € de TVA (si TVA française à 20% sur la commission), et vous verse 700 €.

  1. 1) Comptabiliser la vente (CA brut)

    • Débit 467 – Plateforme (ex. Uber/Deliveroo) : 1 000
    • Crédit 706 – Ventes : 909,09
    • Crédit 44571 – TVA collectée : 90,91
  2. 2) Comptabiliser la commission (sur facture plateforme)

    • Débit 6222 – Commissions plateforme : 250
    • Débit 44566 – TVA déductible : 50
    • Crédit 467 – Plateforme : 300
  3. 3) Comptabiliser le virement net

    • Débit 512 – Banque : 700
    • Crédit 467 – Plateforme : 700

Résultat : le compte 467 se solde, votre CA est correct, et vos charges de commissions sont identifiées (pilotage de rentabilité par canal possible).

Cas “autoliquidation” (si facture HT intracommunautaire)

Si la facture de commission est HT avec autoliquidation, vous enregistrez la charge HT, puis passez la TVA en autoliquidation (TVA due et TVA déductible, si vous y avez droit). Les modalités de déclaration et le principe de l’autoliquidation sur certaines prestations B2B sont rappelés par l’administration fiscale. (impots.gouv.fr)

Les comptes exacts peuvent varier selon votre paramétrage (ex. 4452/44566). L’essentiel est d’être cohérent entre comptabilité et déclaration de TVA, et de pouvoir justifier avec la facture.

5) Points de vigilance fréquents (et comment les éviter)

1) Oublier de télécharger et archiver les factures de commissions

Les relevés “paiement” ne remplacent pas toujours une facture exploitable en contrôle. Côté Deliveroo, la plateforme indique que les factures peuvent être téléchargées au format PDF/CSV depuis le portail partenaire. (help.deliveroo.com)

2) Mélanger “promotions” et “commissions”

Selon les options, certaines remises sont à votre charge (elles diminuent votre chiffre d’affaires) et d’autres peuvent être financées par la plateforme (leur présentation comptable dépend alors du justificatif : réduction de charge, produit accessoire, etc.). La prudence consiste à suivre la qualification sur la facture / le reçu et à documenter la règle appliquée.

3) Ne pas ventiler les taux de TVA (10% vs 20%) sur les ventes

Un même ticket peut contenir des produits à taux différents (ex. boissons alcooliques au taux normal). L’administration fournit des tableaux de cas pour les ventes à emporter/livraison. (bofip.impots.gouv.fr)

4) Sous-estimer les “options” (marketing, outils) et leur TVA

Certains services additionnels (ex. outils marketing) sont facturés séparément et peuvent être affichés “hors TVA” selon les conditions ; Deliveroo précise par exemple que certains frais liés à des outils marketing sont indiqués hors TVA, sauf indication contraire. (merchants.deliveroo.com)

6) Organisation pratique : comment gagner du temps chaque mois

Mettre en place un dossier mensuel “Plateformes”

  • Exports commandes (CSV)
  • Factures de commissions (PDF)
  • Relevés de paiement / payouts
  • Justificatifs d’ajustements (litiges, annulations)

Rapprochement minimal à faire (même en petite structure)

  • Total CA “brut” plateformes (période) = somme des commandes (hors ajustements) cohérente avec exports
  • Total commissions = somme des factures plateformes
  • Total virements = relevé bancaire
  • Écart = ajustements documentés (remboursements, annulations, corrections)

Si vous souhaitez un cadre de gestion clair (suivi marge par canal, TVA sécurisée, process de clôture), vous pouvez consulter les services de Compta Resto : l’accompagnement est pensé pour les réalités opérationnelles des restaurateurs (flux, TVA, paie, pilotage).

FAQ – Commissions Uber Eats / Deliveroo et Compta Resto

Compta Resto peut-il m’aider à automatiser la comptabilisation Uber Eats et Deliveroo ?

Oui : l’enjeu est surtout d’industrialiser une méthode fiable (CA brut, commissions en charges, lettrage avec un compte de tiers, TVA correctement traitée). Compta Resto peut vous aider à définir une structure de comptes adaptée à la restauration, à sécuriser les pièces (factures PDF, exports), et à mettre en place une routine mensuelle de rapprochement (commandes ↔ commissions ↔ virements). L’objectif est de réduire les “écarts inexpliqués” et d’obtenir une lecture claire de votre rentabilité par canal.

Puis-je enregistrer le chiffre d’affaires Uber Eats/Deliveroo en “net versé” pour simplifier ?

Ce n’est généralement pas recommandé. En enregistrant le net, vous perdez la visibilité sur le niveau réel de commissions et vous compliquez le suivi de TVA (puisque la TVA est liée aux ventes, pas au net encaissé). En cas de contrôle ou simplement lors de la clôture, il devient plus difficile de justifier vos montants (commandes, annulations, ajustements, factures de frais). La méthode “CA brut + commission en charge + tiers plateforme” est plus longue au départ, mais beaucoup plus solide ensuite.

Comment traiter la TVA si la facture de commission est sans TVA (autoliquidation) ?

Vous devez suivre ce qui est indiqué sur la facture et appliquer le mécanisme d’autoliquidation lorsque c’est requis (TVA due en France, et TVA déductible si vous y avez droit). Concrètement, la charge est enregistrée hors taxe, et vous passez une écriture de TVA “collectée/due” et “déductible” correspondante, afin que la déclaration de TVA reflète correctement l’opération. L’administration fiscale détaille le principe et les obligations déclaratives liées aux prestations entre assujettis.

Comment comptabiliser une annulation, un remboursement ou un litige sur une commande ?

Il faut raisonner “symétrie” : si une vente est annulée, l’écriture doit annuler (tout ou partie) le chiffre d’affaires et la TVA collectée correspondante, sur la période concernée, avec une trace claire (détail d’ajustement). Selon la présentation des relevés, l’ajustement peut apparaître comme une ligne dédiée. Une bonne pratique consiste à regrouper ces écritures via un compte de tiers (plateforme) pour que le rapprochement avec le virement net reste simple, et que les écarts soient justifiés ligne à ligne.

Quelles pièces conserver pour justifier commissions et TVA en cas de contrôle ?

  1. les factures de commissions/frais (PDF), (
  2. les exports de commandes (CSV) indiquant montants et dates, (
  3. les relevés de paiement/payouts, (
  4. le relevé bancaire, et (
  5. le détail des ajustements (annulations/remboursements). L’idée est de pouvoir reconstituer la chaîne complète : commande client → vente comptable → facture de commission → virement. Une organisation mensuelle simple (un dossier par plateforme et par mois) suffit souvent à sécuriser la justification

Et maintenant ?

Si vous voulez une comptabilité “plateformes” claire, pilotable et conforme (TVA, rapprochements, clôture), appuyez-vous sur un cabinet qui connaît les contraintes terrain des restaurateurs. Découvrez l’approche du cabinet Compta Resto (spécialisation restauration) et, si vous souhaitez être accompagné, vous pouvez faire une demande de devis pour mettre en place une méthode fiable et pérenne.