Micro-BIC ou régime réel : le choix peut transformer la fiscalité de votre restaurant.
Concrètement, tout se joue sur une question simple : êtes-vous mieux imposé sur un bénéfice “forfaitaire” (micro-BIC) ou sur votre résultat comptable réel (régime réel) ? Dans la restauration, où les charges (personnel, matières premières, loyer, énergie) pèsent lourd, la différence peut être significative.
Chez Compta Resto, cabinet d’expertise comptable spécialisé dans la restauration, nous aidons les restaurateurs à faire ce choix en partant des chiffres réels de l’activité et des projets (investissements, embauches, évolution du CA). Pour découvrir notre approche, vous pouvez consulter le site Compta Resto.
Micro-BIC et régime réel : de quoi parle-t-on exactement ?
Micro-BIC : un bénéfice calculé “au forfait”
Le micro-BIC est un régime d’imposition (catégorie des bénéfices industriels et commerciaux) qui s’adresse aux petites activités, notamment en entreprise individuelle (micro-entreprise / micro-entrepreneur) et, dans certains cas, à une EURL dont l’associé unique est une personne physique.
Son principe : vous déclarez votre chiffre d’affaires, et l’administration applique un abattement forfaitaire censé représenter vos charges. Vous êtes ensuite imposé (IR) sur ce qui reste. En micro-BIC, vous ne déduisez pas vos charges réelles (loyer, salaires, achats, énergie, plateformes, etc.) : tout est “censé” être couvert par l’abattement.
Pour les activités de vente de denrées à consommer sur place (restauration), l’abattement fiscal “micro-BIC” est généralement de 71 % du CA (avec un minimum d’abattement). Source utile : DGFiP – Les régimes réservés aux petites entreprises.
Régime réel : vous êtes imposé sur votre résultat comptable
Au régime réel, l’impôt porte sur un bénéfice calculé à partir de votre comptabilité : recettes – charges réellement engagées (achats, salaires, cotisations, loyers, frais bancaires, honoraires, assurances, etc.). Vous pouvez aussi amortir certains investissements (matériel de cuisine, agencements, véhicule selon conditions…).
Il existe deux variantes :
- Régime réel simplifié : obligations comptables et déclaratives plus légères que le réel normal, tout en restant sur un résultat “au réel”.
- Régime réel normal : obligations plus complètes (souvent quand l’activité devient plus importante ou plus complexe).
Repère officiel sur le réel simplifié : Ministère de l’Économie – Qu’est-ce que le régime réel simplifié ?.
Les seuils à connaître en 2026 (restauration)
Seuils micro-entreprise / micro-BIC (2026–2028)
Les seuils de chiffre d’affaires du régime micro ont été revalorisés pour 2026, 2027 et 2028. Pour les activités de vente de marchandises et fourniture de logement (catégorie qui couvre la logique “vente” de la restauration), le seuil est de 203 100 € (au lieu de 188 700 € auparavant). Source : Entreprendre.Service-Public.fr – Nouveaux seuils de la micro-entreprise (publié le 26 février 2026).
À retenir :
- Les seuils s’apprécient en chiffre d’affaires HT.
- En cas de création en cours d’année, ils sont proratisés.
- Si votre activité est mixte (par exemple restauration + prestations de service distinctes), des règles spécifiques s’appliquent (plafond global + plafond par catégorie).
Seuils du réel simplifié (2026–2028) : quand bascule-t-on ?
Quand l’entreprise dépasse les seuils du micro, elle passe en principe au régime réel. Pour la période 2026–2028, le réel simplifié s’applique (notamment) lorsque le CAHT est compris, pour une activité de vente, entre 203 100 € et 945 000 €. Source : Entreprendre.Service-Public.fr – Seuils du réel simplifié (26 février 2026).
Au-delà, on bascule vers le réel normal.
Comparatif micro-BIC vs régime réel (spécial restauration)
Tableau comparatif (micro-BIC vs réel simplifié vs réel normal)
| Critère | Micro-BIC | Régime réel simplifié | Régime réel normal |
|---|---|---|---|
| Base imposable | CA – abattement forfaitaire (ex : 71 % en “vente”) | Résultat comptable réel (charges réelles déductibles) | Résultat comptable réel (charges réelles déductibles) |
| Déduction des charges (loyer, salaires, achats, énergie…) | Non (déjà “inclus” dans l’abattement) | Oui | Oui |
| Amortissements (matériel, agencements…) | Non | Oui | Oui |
| Déficit (année difficile / travaux) | Non (pas de déficit fiscal au micro-BIC) | Oui, selon règles IR/structure | Oui, selon règles IR/structure |
| Obligations comptables | Allégées (suivi CA, registre achats…) | Comptabilité complète + liasse fiscale (simplifiée) | Comptabilité complète + liasse fiscale (plus détaillée) |
| Pilotage / crédibilité bancaire | Souvent moins “bancable” (pas de bilan complet) | Meilleur (bilan + compte de résultat) | Meilleur (bilan + compte de résultat détaillés) |
Point clé restaurateur : en micro-BIC, vous êtes imposé sur un bénéfice “théorique”. En réel, vous êtes imposé sur ce que vous gagnez vraiment.
La règle d’or : comparez vos charges à l’abattement micro-BIC
Pour décider, une méthode rapide consiste à comparer :
- Votre taux de charges réel (charges / CA),
- au taux d’abattement micro-BIC (souvent 71 % en restauration “vente de denrées à consommer sur place”).
Si vos charges réelles dépassent durablement l’abattement (ex. > 71 %), le micro-BIC risque de vous imposer “comme si” vous aviez une marge plus élevée que la réalité. Dans ce cas, le régime réel est souvent plus logique.
Autre élément souvent sous-estimé : en micro-entreprise, le social est calculé sur le chiffre d’affaires encaissé (et non sur le bénéfice). En 2026, le taux de cotisations micro-sociales est par exemple de 12,3 % pour la vente de marchandises / fourniture d’hébergement (catégorie proche de la “vente” en restauration) et 21,2 % pour les prestations de services en BIC. Source : Service-Public – Régime micro-social (vérifié le 21 février 2026).
Exemples chiffrés (simplifiés) : micro-BIC ou réel ?
Les exemples ci-dessous sont volontairement simplifiés (ils n’intègrent pas tous les effets : TVA, aides, crédits, spécificités de structure, etc.). Leur objectif : vous donner un réflexe de calcul.
-
Exemple 1 – activité légère (peu de charges)
CA annuel : 120 000 €
Charges réelles : 60 000 € (soit 50 % du CA)
Au réel : bénéfice = 60 000 €
Au micro-BIC (abattement 71 %) : bénéfice imposable “forfaitaire” ≈ 120 000 × 29 % = 34 800 €
Ici, le micro-BIC peut être favorable fiscalement (mais il faut aussi regarder le social et la TVA). -
Exemple 2 – restaurant avec équipe (charges élevées)
CA annuel : 180 000 €
Charges réelles : 165 000 € (soit 91,7 % du CA)
Au réel : bénéfice = 15 000 €
Au micro-BIC : bénéfice imposable “forfaitaire” ≈ 180 000 × 29 % = 52 200 €
Ici, le micro-BIC risque de surestimer la rentabilité : le réel est souvent plus pertinent. -
Exemple 3 – année d’investissement (matériel / travaux)
Si vous investissez (four, extraction, chambre froide, mobilier…) ou si vous faites des travaux, le régime réel permet de déduire certaines charges et/ou d’amortir les immobilisations, ce que le micro-BIC ne permet pas. Le réel est fréquemment choisi lors des phases d’ouverture, de rénovation ou de montée en gamme.
Au-delà de l’impôt : 6 critères qui font souvent basculer vers le réel en restauration
- Investissements importants (matériel de cuisine, agencements, extraction, terrasse) : l’amortissement change la donne.
- Personnel : masse salariale + charges sociales employeur = forte intensité de charges réelles.
- Variations de marge (inflation matières premières, énergie, casse, invendus) : le réel reflète mieux la réalité.
- Projet de financement : les banques demandent souvent des états financiers structurés (bilan/compte de résultat).
- Développement (2e point de vente, franchise, laboratoire) : le pilotage par la comptabilité devient central.
- Gestion de TVA : dès qu’on sort de la franchise (ou qu’on opte), la mécanique TVA est plus exigeante et mérite une organisation robuste.
TVA en restauration : attention à la franchise et aux taux
Le régime micro-BIC concerne l’impôt sur le revenu. La TVA obéit à ses propres règles : on peut être au micro-BIC et quand même être assujetti à la TVA (et inversement).
Franchise en base de TVA : les seuils à surveiller
Depuis le 1er janvier 2025, les seuils de franchise en base de TVA ont évolué (et le projet de seuil unique à 25 000 € a été supprimé). Pour les activités de ventes à consommer sur place (restauration), les seuils de référence mentionnés par l’administration sont notamment : 91 900 € (seuil de base) et 101 000 € (seuil majoré/tolérance). Source : BOFiP – Seuils de franchise en base de TVA (art. 293 B CGI) et Service-Public – Suppression du seuil unique (publié le 5 novembre 2025).
Taux de TVA en restauration : les repères
En restauration, le taux de TVA le plus fréquent est 10 % (restauration), tandis que les boissons alcooliques relèvent en principe du taux normal (20 %). Sources : Ministère de l’Économie – TVA : quels sont les taux ? et BOFiP – TVA restauration / ventes à consommer sur place.
Comment opter (ou revenir) : démarches et délais à connaître
Vous pouvez passer du micro-BIC au réel par option (ou y basculer automatiquement en cas de dépassement de seuils). L’option est en général valable un an et reconduite tacitement. Source : Service-Public – BIC : régime réel d’imposition et BOFiP – Option pour un régime réel.
En pratique :
- Opter pour le réel : la demande se fait auprès de l’administration (SIE) selon les règles de délai applicables ; une référence claire est donnée par la DGFiP dans sa documentation “petites entreprises” (exemples d’option exercée jusqu’aux échéances déclaratives). Voir : DGFiP – Régimes réservés aux petites entreprises.
- Renoncer au réel pour revenir au micro (si vous remplissez les conditions) : la renonciation doit être notifiée dans des délais précis ; le texte de référence figure dans l’article 50-0 du CGI (Légifrance).
Au régime réel, les obligations (comptabilité, déclarations) sont plus structurées : c’est souvent là qu’un accompagnement spécialisé fait gagner du temps et évite les erreurs.
Pourquoi se faire accompagner par un cabinet spécialisé restauration ?
Le bon régime n’est pas seulement une question de seuil : c’est une question de marge réelle, de projet et d’organisation. Un cabinet habitué aux problématiques de restauration (TVA multi-taux, encaissements, plateformes, saisonnalité, masse salariale, ratios matière) peut vous aider à :
- simuler micro-BIC vs réel à partir de vos chiffres (et pas “au feeling”) ;
- sécuriser la TVA et les déclarations ;
- mettre en place un pilotage simple (marge, ratios, charges fixes) ;
- préparer vos demandes de financement et vos échanges avec les partenaires.
Pour en savoir plus sur l’accompagnement proposé : voir les services Compta Resto. Et si vous souhaitez mieux connaître l’équipe et l’ADN du cabinet : à propos de Compta Resto.
FAQ – Micro-BIC, régime réel et Compta Resto : les questions fréquentes
À partir de quel chiffre d’affaires un restaurateur ne peut plus rester en micro-BIC en 2026 ?
Pour 2026 (et jusqu’en 2028), le seuil “vente de marchandises / fourniture de logement” du régime micro est fixé à 203 100 € de CAHT. En restauration, on se rapproche souvent de cette catégorie, mais l’analyse dépend de la nature exacte de l’activité (activité mixte, parts de prestations de service, etc.). Dès que l’activité dépasse les seuils, l’entreprise bascule vers un régime réel (souvent le réel simplifié). Un arbitrage reste possible par option avant le dépassement, si le réel est plus avantageux pour vos charges.
Micro-BIC en restauration : est-ce vraiment intéressant si j’ai des salariés ?
Souvent, dès qu’il y a une équipe stable (salle/cuisine), les charges réelles montent vite (salaires, charges employeur, extras, heures supp, repas du personnel, etc.). Or le micro-BIC repose sur un abattement forfaitaire : si vos charges dépassent ce forfait, vous risquez d’être imposé sur un bénéfice “théorique” trop élevé. De plus, en micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé. Dans beaucoup de restaurants avec personnel, le régime réel est plus cohérent.
Quelle différence entre régime réel simplifié et réel normal pour un restaurant ?
Les deux reposent sur le même principe : vous êtes imposé sur le résultat réel (recettes – charges) et vous pouvez pratiquer des amortissements. La différence porte surtout sur le niveau d’obligations et sur les seuils d’application. En pratique, beaucoup de restaurants se situent au réel simplifié pendant longtemps, puis passent au réel normal quand l’activité prend de l’ampleur ou quand l’organisation (multi-sites, volume, spécificités) le justifie. Un expert-comptable vous aide à choisir le cadre le plus adapté et à tenir la comptabilité au bon niveau de détail.
Compta Resto peut-il m’accompagner pour passer du micro-BIC au régime réel ?
Oui, Compta Resto accompagne les professionnels de la restauration sur les sujets comptables et fiscaux : choix du régime, mise en place de la tenue comptable, préparation des déclarations (TVA, résultat), et pilotage. L’intérêt d’un cabinet spécialisé est de relier le choix fiscal à la réalité du métier (marge matière, masse salariale, pics d’activité, plateformes, investissements). L’objectif est d’éviter un changement “trop tard” et de sécuriser vos obligations. Pour démarrer, une demande se fait en quelques minutes via la page demande de devis.
Micro-BIC et TVA : est-ce que je facture forcément sans TVA ?
Non. Le micro-BIC concerne l’impôt sur le revenu, alors que la TVA dépend notamment de la franchise en base, d’une option, ou d’un dépassement de seuil. Vous pouvez être au micro-BIC tout en devenant redevable de la TVA (et donc facturer la TVA, la déclarer, et récupérer la TVA sur certaines dépenses). En restauration, il faut aussi gérer les taux (souvent 10 % sur la restauration, 20 % sur l’alcool). Dès que la TVA s’invite dans l’équation, le choix “micro vs réel” doit être revu avec une vision globale.
Et maintenant ?
Si vous hésitez entre micro-BIC et régime réel, le plus efficace est de faire une simulation à partir de vos chiffres (charges, investissements, TVA, projet de développement) et de sécuriser les démarches dans les délais. Pour être accompagné par un cabinet qui connaît les réalités du terrain (marges, personnel, TVA, encaissements), découvrez l’offre Compta Resto et contactez l’équipe via la demande de devis.



