Illustration photoréaliste Compta Resto : bureau de comptable en vue plongeante avec calculatrice, TPE, facture et reçu floutés, smartphone à interface de livraison abstraite, graphique sans chiffres, pièces, carte bancaire et sac kraft de restauration, sans texte ni logo.

Les commissions des plateformes peuvent fausser votre TVA en un clic.

Uber Eats, Deliveroo et TheFork génèrent souvent un décalage entre l’argent réellement encaissé (virement “net”) et le chiffre d’affaires à déclarer (ventes “brutes”), avec un sujet central : la TVA sur vos ventes… et sur les frais/commissions facturés par les plateformes. Dans cet article, Compta Resto vous explique une méthode simple et robuste pour comptabiliser ces flux, éviter les erreurs fréquentes et sécuriser vos déclarations.

Pour aller plus loin sur l’accompagnement comptable et fiscal dédié aux restaurateurs, vous pouvez aussi consulter le site de Compta Resto.

1) Comprendre les flux : “brut”, “commission”, “net”

Le piège n°1 : enregistrer uniquement le virement net

Sur Uber Eats et Deliveroo, la plateforme encaisse généralement le client, retient ses frais (commission, frais de service, parfois publicité), puis vous reverse un montant net. Si vous comptabilisez seulement ce net en chiffre d’affaires, vous sous-déclarez :

  • votre chiffre d’affaires (base taxable),
  • votre TVA collectée sur les ventes,
  • et vous perdez la traçabilité nécessaire en cas de contrôle.

Réflexe à adopter : séparer “vente” et “commission”

Comptablement, il faut distinguer :

  • La vente au client final (votre CA + TVA collectée, au bon taux).
  • La facture de services de la plateforme (commission/frais = charge + TVA sur services, ou autoliquidation si applicable).
  • Le règlement (virement net) qui n’est que le “solde” après compensation.

2) TVA en restauration : rappeler les bases (pour ne pas se tromper dès le départ)

Les taux les plus courants (France)

En restauration, les taux de TVA varient selon la nature du produit et les conditions de consommation. À retenir :

  • 10% : ventes à consommer sur place et, plus largement, produits destinés à une consommation immédiate (hors boissons alcoolisées).
  • 5,5% : produits alimentaires/boissons non alcoolisées vendus dans un conditionnement permettant une consommation différée (ex. bouteille fermée).
  • 20% : boissons alcoolisées, quel que soit le mode de vente.

Point important : la livraison via plateforme ne “change” pas automatiquement le taux. Le taux dépend d’abord de ce que vous vendez (alcool, plat prêt à consommer, produit conservable…) et de la qualification de l’opération.

3) Commissions Uber Eats / Deliveroo / TheFork : quelle TVA sur les frais ?

Cas n°1 : la plateforme vous facture avec TVA française

C’est fréquent lorsque vous êtes facturé par une entité établie en France avec un numéro de TVA FR : la commission (prestation de service) est alors généralement soumise à la TVA au taux normal (20%). Vous comptabilisez :

  • la charge (commission HT),
  • la TVA déductible sur services (si vous y avez droit),
  • le total TTC en dette fournisseur / compensation.

À titre d’exemples de références publiques (à vérifier sur vos factures) :

  • Deliveroo indique une entité française (Deliveroo France SAS) et un numéro de TVA FR dans ses mentions légales. Mentions légales Deliveroo
  • TheFork (La Fourchette SAS) est une société française avec un numéro de TVA FR dans ses mentions légales. Mentions légales TheFork

Cas n°2 : la plateforme vous facture depuis l’UE (hors France) : attention à l’autoliquidation

Si la facture de commission provient d’un prestataire non établi en France (par exemple, une société dans un autre État membre), le mécanisme applicable est souvent celui où le preneur (vous, restaurateur assujetti) devient redevable de la TVA en France sur la prestation (autoliquidation), conformément aux règles de territorialité et de redevabilité.

Concrètement, vous :

  • enregistrez la charge HT,
  • calculez la TVA à autoliquider (souvent 20% sur un service),
  • déclarez à la fois la TVA collectée et, si vous y avez droit, la TVA déductible correspondante (effet neutre si déduction totale).

À ne pas faire : récupérer de la TVA “déductible” quand la facture est sans TVA et que vous n’avez pas autoliquidé correctement. C’est une erreur classique.

4) Méthode de comptabilisation (pas à pas) : la version “qui tient en contrôle”

Étape 1 : partir des bons documents

Pour chaque plateforme, conservez et classez :

  • Relevés de ventes / payouts / statements (détail des commandes, remises, frais, périodes),
  • Factures de commission (ou factures de services/marketing),
  • Justificatifs de règlements (virements bancaires),
  • Écritures de caisse si vous “repointez” avec le logiciel de caisse / channel manager.

Uber, par exemple, met en avant des logiques de facturation et de relevés côté espace marchand (dont des mécanismes de compensation/“règlement net” selon les offres). Aide Uber (règlement net)

Étape 2 : enregistrer la vente “brute” (CA + TVA), même si vous êtes payé “net”

Objectif : votre compta doit refléter ce que le client a payé (ou ce qui a été facturé au client), pas seulement ce que vous recevez.

Exemple pédagogique (chiffres fictifs) : une commande est vendue 100 € TTC au client, dont 10% de TVA (soit 90,91 € HT et 9,09 € TVA).

  • CA HT : 90,91
  • TVA collectée : 9,09
  • Créance (ou compte de compensation plateforme) : 100

Étape 3 : enregistrer la commission comme une charge (avec la bonne TVA)

Exemple pédagogique : commission 25 € HT, TVA 20% si facturée par un prestataire français, soit 30 € TTC.

  • Charge de commission : 25
  • TVA déductible : 5
  • Dette (ou compensation plateforme) : 30

Si la facture est émise sans TVA par un prestataire UE non établi en France, vous appliquez l’autoliquidation dans vos écritures TVA (et dans la déclaration), plutôt que de “chercher” une TVA sur la facture.

Étape 4 : lettrer/compter la compensation pour retomber sur le virement net

Au final, la plateforme compense (au sens comptable) ce qu’elle vous doit (les ventes) et ce que vous lui devez (commissions/frais), puis vous verse le solde.

En pratique, beaucoup de restaurateurs utilisent un compte de passage (type “plateformes de livraison”) pour :

  • enregistrer le brut des ventes,
  • imputer les commissions,
  • constater le virement net,
  • et lettrer l’ensemble par période.

5) Déclaration de TVA : points d’attention (et lignes utiles)

Autoliquidation (prestataire UE/non établi) : où le déclarer ?

L’administration fiscale précise les modalités déclaratives lorsque vous achetez des prestations de services à un prestataire non établi, et mentionne notamment des rubriques dédiées sur les déclarations CA3/CA12 selon les cas (UE / hors UE). Pour un restaurateur, le point clé est : ne pas oublier de déclarer la TVA due au titre de ces services, même si la facture est sans TVA.

Référence pratique : Impots.gouv.fr – Prestations entre assujettis.

TVA sur ventes : cohérence entre caisse, plateformes et compta

Vos taux de TVA (5,5% / 10% / 20%) doivent être cohérents :

  • entre votre carte (alcool vs non-alcool, produits conditionnés, etc.),
  • votre logiciel de caisse,
  • et le paramétrage des menus sur plateformes (sinon, vous aurez des écarts de TVA difficiles à justifier).

6) Erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Erreur : comptabiliser le virement net en CA. Solution : enregistrer le CA brut + commission séparément, puis lettrer.
  • Erreur : oublier la TVA sur commission (ou la récupérer à tort). Solution : se baser sur la facture : TVA française, ou autoliquidation si prestataire non établi.
  • Erreur : mélanger les taux (10% vs 5,5% vs 20%). Solution : cartographier vos produits par taux et documenter les cas limites.
  • Erreur : ne pas conserver les justificatifs (factures + relevés). Solution : archivage mensuel par plateforme et par période de payout.
  • Erreur : ne pas contrôler les écarts “arrondis / ajustements / promotions”. Solution : réconciliation par période (ventes, remises, frais, net versé).

7) TheFork : un cas souvent différent (réservations, abonnements, commissions)

TheFork (La Fourchette SAS) est généralement davantage une plateforme de réservation/visibilité qu’une plateforme d’encaissement de commandes. Résultat : la comptabilisation se fait souvent en deux blocs :

  • Vos ventes restaurant : encaissées sur place, avec la TVA de restauration (10% / 5,5% / 20% selon les produits).
  • Les frais TheFork : abonnement, commission par couvert, options marketing… facturés comme prestation de services (souvent 20% de TVA si facturés en France).

Pour identifier l’entité et le cadre de facturation, les mentions légales TheFork indiquent notamment que le site est édité par La Fourchette SAS (France) avec un numéro de TVA FR. Mentions légales TheFork.

8) Tableau récapitulatif : quoi comptabiliser et où se trompe-t-on ?

Récap des traitements comptables (vente, commission, TVA)

Situation Document clé TVA à traiter Bonne pratique de comptabilisation Erreur fréquente
Livraison : ventes encaissées par la plateforme, reversement net Relevé de ventes + relevé de versement TVA sur vos ventes (5,5% / 10% / 20%) Enregistrer le CA brut + TVA, puis enregistrer frais/commission séparément Enregistrer uniquement le virement net en CA
Commission facturée par une entité française (TVA FR sur facture) Facture de commission TVA déductible sur services (souvent 20%) Charge + TVA déductible sur facture Oublier la facture / mal imputer la TVA
Commission facturée depuis l’UE (hors France), facture sans TVA Facture mentionnant “reverse charge/autoliquidation” (selon cas) Autoliquidation de la TVA en France Déclarer TVA due et, si éligible, TVA déductible correspondante Ne rien déclarer “car pas de TVA sur la facture”
TheFork : ventes encaissées au restaurant + frais de réservation/abonnement Z de caisse + facture TheFork TVA sur ventes + TVA sur services TheFork Ventes en caisse, frais TheFork en charges (avec TVA selon facture) Confondre “remise promo” et “commission”

9) Le rôle de Compta Resto : sécuriser la méthode et automatiser le suivi

Quand on cumule plusieurs canaux (sur place, à emporter, livraison, réservation), le sujet n’est pas seulement “comptable” : c’est un sujet de process (collecte des pièces, paramétrage des taux, rapprochements). L’approche de Compta Resto consiste généralement à :

  • mettre en place une méthode de réconciliation mensuelle (par plateforme et par période),
  • sécuriser la TVA (taux sur ventes + TVA/autoliquidation sur services),
  • fiabiliser la production (bilan, déclarations),
  • et vous faire gagner du temps au quotidien.

Pour en savoir plus sur l’offre d’accompagnement : nos services et l’histoire du cabinet.

FAQ : commissions, TVA et plateformes (réponses concrètes)

Compta Resto peut-il m’aider à éviter les erreurs de TVA sur Uber Eats et Deliveroo ?

Oui, l’enjeu est de fiabiliser le triptyque ventes brutes / commissions / reversements nets et de sécuriser la TVA (taux sur ventes + TVA sur commissions, y compris autoliquidation si le prestataire n’est pas établi en France). En pratique, Compta Resto peut vous aider à structurer vos pièces (relevés, factures, versements), à mettre en place un compte de passage “plateformes”, et à vérifier la cohérence entre caisse, plateformes et déclaration. Objectif : des chiffres justifiables, et un lettrage propre par période.

Dois-je autoliquider la TVA sur les commissions des plateformes de livraison ?

Ça dépend de la facture. Si la commission est facturée avec une TVA française (fournisseur établi en France, TVA FR affichée), vous comptabilisez une TVA déductible classique sur services. Si, au contraire, la facture provient d’un prestataire non établi en France (souvent UE hors France) et qu’elle est sans TVA, vous pouvez être dans un schéma d’autoliquidation : vous calculez et déclarez la TVA due en France sur la prestation, et vous la déduisez si vous êtes éligible. Le point clé est d’analyser l’entête de facture et les mentions.

Comment justifier mon chiffre d’affaires “plateformes” en cas de contrôle ?

  1. relevés détaillés des commandes (base de CA), (
  2. factures de commissions/frais (justification des charges), (
  3. preuves de versements (virements), et (
  4. un rapprochement comptable montrant comment on passe du brut au net. Le contrôleur doit pouvoir refaire le calcul. Si vous n’avez que les virements nets, vous perdez la traçabilité du CA et de la TVA collectée. Une réconciliation périodique et un lettrage propre rendent le dossier lisible

Quel taux de TVA appliquer sur une vente à emporter/livrée via plateforme ?

Le taux dépend d’abord de ce que vous vendez et du caractère “immédiat” ou “différé” de la consommation : 10% pour de la restauration/consommation immédiate (hors alcool), 5,5% pour des produits permettant une consommation différée (conditionnement conservable), et 20% pour les boissons alcoolisées. La livraison n’annule pas ces règles : elle ajoute surtout une complexité de suivi (plusieurs taux dans une même commande, paramétrage de la carte, et ventilation). En cas de doute, mieux vaut documenter les choix de taux produit par produit.

Je n’ai pas le temps de rapprocher chaque commande : comment faire simplement ?

L’objectif n’est pas de pointer “à la main” chaque ticket, mais d’avoir une méthode industrialisable : rapprochement par période de payout (hebdo/bimensuel), contrôle des totaux (brut ventes, remises, frais, net versé), et archivage automatique des factures et relevés. Un compte de passage dédié par plateforme (ou un sous-compte) facilite le lettrage. Ensuite, on contrôle les écarts récurrents (arrondis, ajustements, promotions) et on documente. C’est précisément le type de routine que Compta Resto peut mettre en place avec vous.

Et maintenant ?

Si vous voulez être sûr de comptabiliser Uber Eats, Deliveroo et TheFork sans erreur (commissions, autoliquidation éventuelle, ventilation des taux, rapprochements), l’étape suivante est de vous faire accompagner avec une méthode claire et reproductible. Découvrez les services de Compta Resto et, si vous souhaitez un diagnostic rapide de vos flux plateformes, vous pouvez faire une demande de devis.