Restaurateur et expert comptable restauration discutant de documents sur table en bois dans un restaurant, ordinateur portable avec graphiques abstraits et sept jetons alignés symbolisant une transition en 7 étapes.

Changer d’expert-comptable quand on est restaurateur ne s’improvise pas.

Entre la TVA (sur place, à emporter, livraison), la paie (extras, temps partiels, pourboires), les encaissements (logiciel de caisse) et les obligations de clôture, un changement mal préparé peut créer des retards de déclarations, des erreurs… ou un stress inutile en pleine saison. Dans cet article, vous trouverez une méthode claire, en 7 étapes, pour changer d’expert-comptable restauration sans rupture et en profitant du passage de relais pour mieux piloter votre restaurant.

Pour situer le contexte : Compta Resto est un cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes spécialisé en restauration (filiale du cabinet CEG), avec plus de 20 ans d’expérience auprès de plusieurs centaines de restaurateurs. L’objectif ici n’est pas de “vendre” un changement, mais de vous donner une procédure fiable et des points de vigilance concrets.

Pourquoi changer d’expert-comptable en restauration (et pourquoi c’est souvent le bon moment) ?

Dans un restaurant, les sujets comptables et fiscaux sont rarement “standards”. Quelques exemples très concrets :

Dans un secteur où les créations d’entreprises restent élevées (en France, 1 111 200 créations en 2024 selon l’Insee) et où les tensions économiques obligent à piloter finement les marges, le bon partenaire comptable devient un avantage opérationnel, pas une simple formalité (Insee Première – créations d’entreprises en 2024).

Les 7 étapes clés pour changer d’expert-comptable restauration (sans casser votre rythme)

Étape 1 — Clarifier vos attentes (au-delà du “moins cher”)

Avant de résilier quoi que ce soit, listez ce que vous attendez d’un expert-comptable spécialisé restauration. Exemple d’attentes fréquentes :

  • Des tableaux de bord utiles (marge brute, ratio masse salariale/CA, suivi cash).
  • Une vraie maîtrise des spécificités TVA (sur place, livraison, ventes annexes, ventilation alcool/nourriture, etc.).
  • Un accompagnement social robuste (paie, DSN, contrats, heures, extras).
  • Une organisation compatible avec votre quotidien : collecte dématérialisée, outils, réactivité en période de rush.

Cette étape vous évite de changer… pour retrouver les mêmes irritants ailleurs.

Étape 2 — Relire votre lettre de mission et repérer le “moment le moins risqué”

Votre relation avec l’expert-comptable est encadrée par une lettre de mission (périmètre, honoraires, modalités de fin de mission). Avant toute démarche :

  • Identifiez la date de clôture de votre exercice (31/12, 30/06, etc.).
  • Vérifiez les conditions de préavis, de reconduction, et d’éventuelles clauses de sortie.
  • Repérez les échéances en cours : TVA, liasse, paie/DSN, CFE, etc.

En pratique, beaucoup de restaurateurs choisissent un changement “propre” à la clôture ou juste après, pour limiter les doubles interventions (et les risques d’oublis de déclarations).

Étape 3 — Sélectionner un cabinet “compatible restauration” (critères concrets)

Pour choisir un expert-comptable restauration, privilégiez des critères vérifiables, pas seulement un discours :

  • Expérience sectorielle : parle-t-on de ratio food cost, de gestion de caisse, de variations de marge, de paie en restauration… ou uniquement de “bilan” ?
  • Organisation : qui répond en cas d’urgence (TVA, contrôle, banque), et sous quel délai ?
  • Outils : collecte, espace client, intégrations (banque, caisse), restitution (reporting).
  • Transparence : ce qui est inclus / hors forfait (paie, juridique, conseil, situation intermédiaire…).

Astuce sécurité : vérifiez que le professionnel est bien inscrit à l’Ordre via l’annuaire officiel (annuaire.experts-comptables.org).

Étape 4 — Préparer la reprise de dossier (la checklist qui évite 80% des galères)

Un changement fluide dépend moins de “qui a raison” que de la qualité du dossier transmis. Votre objectif : permettre au nouveau cabinet de reprendre sans deviner.

Tableau — Documents à prévoir pour une passation sereine

Catégorie Exemples de pièces à transmettre Pourquoi c’est critique en restauration
Comptabilité Balance, grand-livre, journaux, écritures d’à-nouveaux, immobilisations, échéanciers Reprise des soldes fournisseurs, loyers, dettes sociales, investissements cuisine
TVA Dernières CA3/CA12, justificatifs, ventilation des taux, exports caisse Gestion multi-taux (sur place / livraison / alcool) et cohérence caisse ↔ TVA
Caisse & encaissements Paramétrage des articles/taux, Z de caisse, exports, procédures internes Traçabilité recettes + conformité logiciel de caisse (règles DGFiP)
Social / paie Bulletins, DSN, contrats, plannings/variables, soldes congés Forte intensité RH, extras, saisonnalité, risques d’erreurs de déclarations
Juridique & banque Statuts, PV, baux, emprunts, covenants, dossiers financement Banques demandent souvent situations, prévisionnels, et cohérence des chiffres

Si vous tenez votre comptabilité sur un système informatisé, gardez aussi en tête la logique “contrôle” : le FEC doit être exportable et conforme en cas de demande de l’administration (DGFiP – test FEC).

Étape 5 — Résilier proprement (sans bloquer la transmission)

Une résiliation “propre” est celle qui :

  • Respecte les modalités prévues dans la lettre de mission (préavis, date d’effet, etc.).
  • Demande explicitement la transmission des éléments nécessaires à la reprise (et le format attendu).
  • Évite l’escalade émotionnelle : même si vous êtes déçu, restez factuel.

Point d’attention : un dossier se transmet d’autant mieux que la situation d’honoraires est claire. Si vous avez un différend, notez qu’il existe des mécanismes de conciliation dans la profession (voir l’étape suivante sur la reprise déontologique).

Étape 6 — Organiser la reprise “déontologique” entre cabinets (le passage de relais officiel)

Le changement d’expert-comptable est encadré par des règles de confraternité. Le nouveau cabinet ne reprend pas un dossier “en mode sauvage” : il doit informer le prédécesseur et s’assurer, dans certaines conditions, du règlement des honoraires dus ou, à défaut, d’en référer aux instances ordinales.

Ces principes figurent dans le code de déontologie intégré au décret du 30 mars 2012 : Décret n°2012-432 (voir notamment l’article 163 sur le remplacement d’un confrère).

Concrètement, cela se traduit par :

  • Une lettre de reprise envoyée par le nouveau cabinet à l’ancien.
  • Un accord sur les éléments à transmettre et le calendrier (TVA, paie, bilan).
  • Une passation structurée pour éviter les “zones grises” (qui fait quelle déclaration, à quelle date).

Étape 7 — Sécuriser les 90 premiers jours (et transformer le changement en gain de pilotage)

Le vrai risque n’est pas le jour de la résiliation : c’est le trimestre qui suit. Plan d’action recommandé :

  • Valider la reprise des soldes : caisse, banque, fournisseurs, charges sociales, TVA à décaisser/à crédit.
  • Mettre à plat votre modèle TVA (sur place / emporter / livraison / alcool) avec une règle simple de ventilation et des exports caisse exploitables (références utiles : Ministère de l’Économie, Service-Public).
  • Vérifier votre conformité caisse et anticiper la bascule de preuve de conformité à compter du 1er septembre 2026 si vous êtes concerné (calendrier officiel : Ministère de l’Économie, BOFiP).
  • Installer un reporting utile : par exemple, une revue mensuelle courte (CA, marge, masse salariale, trésorerie, dettes fiscales/sociales).

Exemple concret : si votre restaurant a une forte activité livraison, un simple ajustement de paramétrage caisse + ventilation TVA + contrôle mensuel des exports peut faire disparaître des écarts récurrents (TVA, chiffre d’affaires, marges) qui polluent la lecture du résultat.

Les erreurs fréquentes à éviter (spécial restauration)

  • Changer en plein pic d’activité (saison, fêtes) sans planning de passation : c’est le meilleur moyen de rater une échéance.
  • Ne pas cadrer “qui fait quoi” sur la TVA/paie pendant la transition (ancien cabinet, nouveau cabinet, vous).
  • Ignorer la caisse : en restauration, c’est souvent la source n°1 des écarts (taux, annulations, pourboires, remises, etc.).
  • Ne pas vérifier l’inscription à l’Ordre : utilisez l’annuaire officiel (annuaire.experts-comptables.org).
  • Penser “bilan = pilotage” : un bilan annuel est indispensable, mais insuffisant pour piloter un restaurant au quotidien.

FAQ — Changer d’expert-comptable en restauration

Quand est-il préférable de changer d’expert-comptable pour un restaurant ?

Le moment le plus simple est souvent autour de la clôture d’exercice (ou juste après), car la séparation des travaux est plus nette : un cabinet termine l’exercice, l’autre démarre le suivant. Cela limite les reprises d’écritures “en cours de route” et réduit les risques d’oublis de déclarations. Cela dit, un changement en cours d’année est possible si la situation l’exige (retards, manque de suivi, besoin urgent de pilotage), à condition de cadrer précisément la passation (TVA, paie/DSN, caisse, pièces manquantes).

Peut-on changer d’expert-comptable en cours d’exercice sans pénalités ?

Tout dépend de votre lettre de mission : c’est elle qui fixe le préavis, la date d’effet et, parfois, des modalités financières en cas de rupture anticipée. Le bon réflexe est de relire le contrat, puis de planifier une sortie “propre” (date, travaux réalisés, travaux restants). En parallèle, la reprise par le nouveau cabinet est encadrée par des règles déontologiques (notamment l’obligation d’informer le prédécesseur), ce qui favorise une transition ordonnée lorsque chacun joue le jeu (référence : décret n°2012-432).

Quels documents fournir au nouvel expert-comptable restauration ?

Visez une transmission “exploitable”, pas un simple dossier PDF. Côté compta : balance, grand-livre, journaux, immobilisations, rapprochements bancaires. Côté restauration : exports de caisse (dont Z, paramétrage articles/taux), éléments de ventilation TVA, et justificatifs des encaissements. Côté social : bulletins, DSN, contrats, variables, soldes de congés. Si votre comptabilité est informatisée, assurez-vous aussi que le FEC est exportable et conforme (outil DGFiP : test FEC).

Qu’est-ce qu’un “expert-comptable spécialisé restauration” change vraiment ?

La différence se voit surtout sur les sujets à forte fréquence et à fort risque : TVA multi-taux, lecture de marge, traitement des encaissements caisse, et organisation de la paie/DSN. Un cabinet habitué aux CHR met en place des routines simples (exports caisse standardisés, contrôles mensuels, indicateurs de marge et de masse salariale) qui rendent vos chiffres plus fiables et plus actionnables. Il aide aussi à anticiper les changements réglementaires (ex. certification des logiciels de caisse à compter du 1er septembre 2026 selon l’administration : référence officielle).

Et maintenant ?

Si vous voulez sécuriser votre changement d’expert-comptable (ou simplement évaluer si votre organisation actuelle est optimale), vous შეგიძლიათ découvrir l’approche de Compta Resto, cabinet spécialisé dans l’accompagnement des restaurateurs : voir les services, en savoir plus sur le cabinet et son histoire (à propos), ou déposer une demande pour échanger sur votre situation (demande de devis).