Bilan comptable restaurant : gérant analysant un tableur financier sur ordinateur portable avec dossiers et calculatrice, dans un restaurant moderne et chaleureux près d’une fenêtre, arrière-plan flou.

Maîtrisez votre bilan de restaurant.

Vous cherchez un modèle Excel gratuit 2026 pour construire (ou vérifier) le bilan comptable d’un restaurant ? Vous êtes au bon endroit : ci-dessous, vous trouverez une structure prête à copier-coller dans Excel, une méthode pas à pas, et les points de contrôle spécifiques à la restauration (stock, caisse, dettes sociales, TVA, etc.).

Chez Compta Resto, cabinet d’expertise comptable dédié aux professionnels de la restauration, nous voyons chaque année les mêmes difficultés : un bilan “qui équilibre” mais des postes mal classés, un stock sous-estimé, une caisse incohérente, ou des dettes fiscales/sociales oubliées. L’objectif de ce guide est simple : vous aider à obtenir un bilan clair, utile et conforme.

À quoi sert le bilan comptable d’un restaurant (au-delà de l’obligation) ?

Le bilan comptable est une “photo” de votre restaurant à la date de clôture : ce que l’entreprise possède (actif) et ce qu’elle doit (passif). Avec le compte de résultat et l’annexe, il constitue les comptes annuels.

Concrètement, un bilan bien tenu sert à :

  • Piloter : niveau de trésorerie, endettement, stock, dettes fournisseurs, dettes sociales, etc.
  • Financer : banque, crédit de trésorerie, investissement (cuisine, travaux, matériel), rachat de fonds.
  • Sécuriser : anticiper les tensions de caisse (TVA, charges sociales, échéances d’emprunt).
  • Valoriser : préparer une cession (fonds de commerce, titres), une entrée d’associé, une franchise.

Dans la restauration, certains postes pèsent particulièrement : stock (denrées/boissons), immobilisations (matériel de cuisine, agencements), dettes sociales (paie), et trésorerie (encaisse + TPE + réservations/avoirs).

Obligations 2026 : comptes annuels, dépôt et liasses fiscales (France)

Comptes annuels : bilan + compte de résultat + annexe

En France, les commerçants (et donc la plupart des restaurants) doivent établir des comptes annuels à la clôture, comprenant bilan, compte de résultat et annexe, à partir des enregistrements comptables et de l’inventaire.

Dépôt des comptes : qui est concerné, et confidentialité

Après l’approbation des comptes, certaines sociétés (SAS/SASU, SARL/EURL, SA…) doivent déposer leurs comptes au greffe (via le guichet des formalités, dépôt en ligne ou dépôt papier selon les cas). Il existe des dispositifs de confidentialité (totale ou partielle) selon la taille de l’entreprise (micro/petite).

  • Micro-entreprise (au sens “taille”) : 2 des 3 seuils (bilan ≤ 450 000 €, CA net ≤ 900 000 €, salariés ≤ 10).
  • Petite entreprise : 2 des 3 seuils (bilan ≤ 7 500 000 €, CA net ≤ 15 000 000 €, salariés ≤ 50).

Liasse fiscale : quels formulaires pour votre restaurant ?

Le bilan “comptable” alimente aussi votre liasse fiscale :

  • Régime réel normal (BIC/IS) : liasse 2050 (tableaux 2050 à 2059).
  • Régime réel simplifié (BIC/IS) : liasse 2033 (tableaux 2033-A à 2033-G) et notice associée.

Durée de conservation : 10 ans (et ce n’est pas négociable)

Les documents comptables et pièces justificatives doivent être conservés au moins 10 ans. En cas de contrôle ou litige, l’absence de conservation peut exposer à des sanctions (amende mentionnée par l’administration).

Conseil terrain (restauration) : conservez aussi vos “preuves opérationnelles” : Z de caisse, exports TPE, tickets de télécollecte, plateformes de livraison, états de pourboires, inventaires datés et signés. C’est souvent là que tout se joue lors d’un contrôle… ou d’un litige.

Comprendre la structure d’un bilan de restaurant : actif et passif

L’actif : ce que possède (ou ce qu’on vous doit)

  • Actif immobilisé : matériel de cuisine, chambre froide, four, mobilier de salle, agencements, travaux, logiciels… et parfois des immobilisations incorporelles (ex. droit au bail/fonds selon le montage, licences achetées, etc.).
  • Actif circulant : stock de denrées et boissons, créances clients (souvent limitées), TVA à récupérer si applicable, comptes d’attente, etc.
  • Trésorerie : banque, caisse, éventuellement “TPE en attente” selon l’organisation (souvent via le compte banque et les rapprochements).

Dans les comptes annuels, les postes d’actif sont généralement présentés pour leur valeur nette (après amortissements et dépréciations, le cas échéant), selon les règles de présentation du référentiel comptable français (PCG).

Le passif : ce que vous devez et comment l’entreprise est financée

  • Capitaux propres : capital social, réserves, report à nouveau, résultat de l’exercice.
  • Provisions : risques/charges (selon la situation : litige, prud’hommes, etc.).
  • Dettes :
    • Emprunts (financement de matériel, travaux, rachat…).
    • Dettes fournisseurs (denrées, boissons, énergie, maintenance…).
    • Dettes fiscales et sociales (TVA, charges sociales, impôt…).
    • Autres dettes (dépôts de garantie, dettes sur immobilisations, etc.).

Modèle Excel gratuit 2026 : comment le construire et l’utiliser (pas à pas)

Ce modèle est pensé pour être simple, compatible avec la plupart des organisations (logiciel de caisse + banque + factures + paie), et suffisamment structuré pour échanger avec votre expert-comptable.

Étapes rapides (10 à 20 minutes)

  1. Créez un fichier Excel avec 2 onglets : “Bilan_Actif” et “Bilan_Passif”.
  2. Copiez-collez le tableau ci-dessous (structure) dans l’onglet correspondant.
  3. Renseignez la colonne N (exercice clôturé) et N-1 (comparatif) à partir de votre balance ou de votre grand livre.
  4. Ajoutez un contrôle : Total Actif = Total Passif (sinon, il y a une erreur de saisie, de classement ou d’arrondi).
  5. Vérifiez les postes sensibles restauration (stock, caisse, dettes sociales, TVA) avant d’arrêter.

Structure “Bilan comptable restaurant” (Excel) – à copier-coller

Section Poste (libellé) Comptes PCG (indicatif) N-1 N Notes / contrôles (restauration)
ACTIF Immobilisations incorporelles 20 Droit au bail / logiciels / licences achetées : attention au classement et aux amortissements.
ACTIF Immobilisations corporelles 21 / 23 Matériel cuisine, mobilier, agencements, travaux.
ACTIF Amortissements & dépréciations (en déduction) 28 / 29 Présenter en net : cohérence avec tableaux d’immobilisations.
ACTIF Stocks (denrées, boissons, emballages) 31 / 32 / 37 Inventaire physique à la clôture + méthode de valorisation.
ACTIF Créances clients et comptes rattachés 41 Souvent faible en restauration “comptant”, mais possible (événementiel, entreprises, plateformes).
ACTIF Autres créances (dont TVA à récupérer) 44 / 46 / 47 TVA : rapprocher déclarations et comptes 445.
ACTIF Banque 512 Rapprochement bancaire obligatoire (chèques, CB, plateformes).
ACTIF Caisse 53 Doit coller avec inventaire de caisse + Z de caisse (écarts = alerte).
PASSIF Capital social 101 Vérifier PV et Kbis en cas de mouvements de capital.
PASSIF Réserves / Report à nouveau 106 / 110 Impact de l’affectation du résultat N-1.
PASSIF Résultat de l’exercice 12 Doit être identique au résultat du compte de résultat.
PASSIF Emprunts et dettes assimilées 16 Vérifier tableau d’amortissement et intérêts courus.
PASSIF Dettes fournisseurs 401 Factures non parvenues (FNP) : fréquent (énergie, livraisons).
PASSIF Dettes fiscales (dont TVA à payer) 44 TVA collectée/déductible : rapprocher CA, tickets Z, déclarations.
PASSIF Dettes sociales 43 Paie, charges, congés payés : point sensible en restauration.
PASSIF Autres dettes 42 / 45 / 46 / 47 Dépôts de garantie, comptes courants d’associés, produits constatés d’avance (ex. privatisations encaissées).
CONTROLE Total ACTIF Formule Excel (ex.) : =SOMME(plage_actif)
CONTROLE Total PASSIF Formule Excel (ex.) : =SOMME(plage_passif) — doit être égal au Total Actif

Important : les comptes PCG ci-dessus sont indicatifs. Votre plan de comptes peut être plus détaillé (par exemple un sous-compte par fournisseur, par banque, par type de stock, etc.). En cas de doute, basez-vous sur le Plan Comptable Général (version au 1er janvier 2026).

Erreurs fréquentes dans le bilan d’un restaurant (et comment les éviter)

1) Stock : sous-estimé, non inventorié, ou “au feeling”

En restauration, le stock peut sembler faible… mais il doit être inventorié et valorisé correctement à la clôture (denrées, boissons, emballages). Un stock mal évalué fausse le résultat et peut fausser vos décisions (prix, marge, achats).

2) Caisse : incohérences entre Z, dépôt banque et compta

Les écarts de caisse sont un signal rouge : erreur de saisie, dépôts non enregistrés, ventes non rapprochées, ou problème de procédure interne. En pratique, sécurisez une piste d’audit simple : Z de caisse → encaisse → remise en banque, avec des dates et justificatifs.

3) TVA : comptes 445 non rapprochés des déclarations

Une TVA “qui traîne” en comptabilité est un classique. Le bon réflexe : rapprocher TVA collectée, TVA déductible, déclaration, et paiement, à chaque période de déclaration (mensuelle/trimestrielle selon le régime).

4) Dettes sociales : congés payés et charges à payer oubliés

La masse salariale étant centrale en restauration, les dettes sociales (URSSAF, caisses, congés payés, primes, variables, etc.) sont à vérifier avec attention, surtout à la clôture (charges à payer / provisions selon les cas).

Checklist de clôture (spéciale restauration)

Contrôle Objectif Justificatif attendu
Inventaire de stock daté Fiabiliser stock + marge Feuille d’inventaire signée + méthode de valorisation
Rapprochement bancaire Fiabiliser trésorerie Relevé bancaire + état de rapprochement + pièces en suspens
Contrôle caisse Éviter écarts / anomalies Z de caisse + comptage caisse + remise en banque
TVA Éviter régularisations et pénalités Déclarations + paiements + détail comptes 445
FNP / CCA Rattacher charges/produits au bon exercice Factures reçues après clôture, contrats, périodes couvertes

Lire et utiliser votre bilan : repères chiffrés (secteur restauration)

Un bilan n’est pas qu’une formalité : c’est une base de pilotage. Pour vous donner des repères fiables, voici des données publiques récentes :

  • Selon l’Insee, pour la restauration en 2023, le taux de marge est de 15,1% (et le taux de valeur ajoutée de 41,0% pour la restauration). Ces ratios sont sectoriels et doivent être interprétés comme des ordres de grandeur, pas comme une norme individuelle.
  • La Banque de France publie un fascicule sectoriel “56 – Restauration” (année 2024) basé sur les liasses fiscales (base FIBEN) : on y retrouve notamment un taux de marge médian à 16,5% en 2024, ainsi que des indicateurs de BFR, délais de paiement et poids des stocks.

Tableau de lecture : 6 indicateurs très parlants pour un restaurant

Indicateur Pourquoi c’est utile Repère sectoriel récent Comment l’interpréter dans votre bilan
Taux de marge Mesure la capacité à générer de l’excédent (après achats/charges opérationnelles selon définition statistique) Restauration : 15,1% (Insee, 2023) ; médiane 16,5% (BdF, 2024) Un taux faible peut venir d’achats trop élevés, de pertes, ou d’une masse salariale/charges externes difficile à absorber.
Poids des stocks (en jours) Visualise la rotation et l’exposition au gaspillage Médiane 3,9 jours (BdF, 2024) Si vous êtes très au-dessus, vérifiez surstock, inventaires, pertes, et valorisation.
Poids du BFR d’exploitation (en jours) Explique la tension (ou le confort) de trésorerie Médiane -28,4 jours (BdF, 2024) Un BFR négatif est fréquent quand on encaisse vite (CB/caisse) et qu’on paye fournisseurs plus tard.
Délai clients Mesure le crédit accordé Médiane 1,1 jour (BdF, 2024) Si vous faites de l’événementiel/B2B, surveillez les encours et relances.
Délai fournisseurs Impact direct sur la trésorerie Médiane 37,6 jours (BdF, 2024) Allonger peut aider à respirer, mais attention au risque de rupture fournisseur.
Taux de valeur ajoutée Indique la part de richesse créée par l’activité Restauration : 41,0% (Insee, 2023) ; médiane 46,7% (BdF, 2024) Une VA trop faible peut pointer un problème d’achats, de pertes, ou de prix.

Liens utiles (officiels et fiables) pour aller plus loin

FAQ – Bilan comptable restaurant (questions fréquentes)

Quel est le bilan comptable “minimum” pour un petit restaurant ?

Le “minimum” dépend surtout de votre forme et de votre régime, mais l’idée reste la même : un bilan doit présenter clairement l’actif (immobilisations, stocks, trésorerie…) et le passif (capitaux propres, emprunts, dettes fournisseurs, dettes fiscales/sociales). Certaines entreprises peuvent présenter des comptes sous forme simplifiée et, selon des seuils, bénéficier d’allègements (par exemple sur l’annexe). L’essentiel est d’avoir des postes fiables sur le stock, la caisse et les dettes sociales, car ce sont les zones où les erreurs coûtent le plus cher en restauration.

Comment comptabiliser le stock de fin d’année en restauration ?

La bonne pratique est de réaliser un inventaire physique à la date de clôture (ou très proche), de le dater et de le conserver. Ensuite, on valorise le stock selon une méthode cohérente (ex. coût d’achat) et on applique la même logique d’un exercice à l’autre. En restauration, le stock tourne vite : c’est justement pour cela qu’il faut éviter les estimations “au doigt mouillé”. Un stock sous-évalué diminue artificiellement votre résultat et fausse vos marges ; un stock surévalué fait l’inverse et peut masquer des pertes.

Quand déposer les comptes annuels d’un restaurant au greffe ?

Pour les sociétés concernées, le dépôt intervient après l’assemblée d’approbation des comptes. Le dépôt se fait en ligne via le guichet des formalités ou au greffe (selon modalités). Des options de confidentialité existent selon la taille de l’entreprise (micro/petite). En pratique, ne pilotez pas “à la dernière minute” : anticipez l’inventaire, les justificatifs de caisse, le rapprochement bancaire et la TVA, car ce sont les points qui ralentissent le plus la finalisation des comptes en restauration.

Quels ratios regarder en priorité sur le bilan d’un restaurant ?

  1. la trésorerie (banque + caisse) et son évolution, (
  2. l’endettement (emprunts) face à votre capacité d’exploitation, (
  3. le BFR (stock + créances – dettes d’exploitation) car il explique souvent les tensions de paiement, et (
  4. les dettes fiscales et sociales (TVA, charges) pour éviter les “effets falaise”. Côté repères, les publications sectorielles montrent que les stocks sont souvent faibles en jours, et que le BFR peut être négatif en restauration (encaissement rapide, paiement fournisseurs décalé)

Et maintenant ?

Si vous voulez un bilan qui ne soit pas seulement “conforme”, mais aussi pilotable (marges, trésorerie, investissements, masse salariale), l’accompagnement fait la différence. Découvrez nos services dédiés aux restaurateurs, apprenez-en plus sur Compta Resto, ou demandez un devis pour faire le point sur votre organisation comptable et vos indicateurs clés.