Introduction : en 2025, pouvez-vous encore ignorer l’audit comptable ?
En 2025, l’audit comptable est un sujet incontournable pour de nombreux restaurateurs. Entre relèvement récent des seuils légaux, risques de sanctions et exigences accrues des banques ou investisseurs, il est essentiel de savoir si votre restaurant doit faire certifier ses comptes et ce que vous avez à y gagner, même sans obligation.
Cet article fait le point, de façon claire et à jour, sur les obligations d’audit comptable en 2025, les seuils de nomination du commissaire aux comptes et les risques en cas de manquement, avec un focus sur la restauration commerciale et les chaînes de restaurants.
Spécialiste du secteur, Compta Resto accompagne depuis plus de 20 ans les professionnels de la restauration, de l’indépendant au groupe multi‑établissements. Voici ce qu’il faut savoir pour sécuriser vos comptes.
Audit comptable : de quoi parle-t-on en 2025 ?
Audit légal, audit contractuel : deux réalités complémentaires
Le terme audit comptable recouvre en pratique deux types de missions :
- L’audit légal : il est réalisé par un commissaire aux comptes (CAC) inscrit, lorsqu’il existe une obligation légale de nomination. Sa mission est de certifier que les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle de la situation de l’entreprise.
- L’audit contractuel ou volontaire : mission d’audit décidée librement par le dirigeant ou les associés, en dessous des seuils légaux ou dans des situations spécifiques (entrée d’investisseur, rachat de fonds de commerce, contrôle interne de la caisse, etc.).
Dans les deux cas, la démarche est structurée (plan de mission, tests, rapport), mais l’audit légal obéit à un cadre réglementé (Code de commerce, normes professionnelles) et entraîne une obligation de désigner un commissaire aux comptes lorsque certains seuils sont dépassés.
Pourquoi le secteur de la restauration est particulièrement concerné
Les restaurants concentrent plusieurs risques que l’audit met en lumière :
- fort volume de paiements en espèces ou titres (titres-restaurant, chèques vacances, pourboires) ;
- gestion complexe des stocks (denrées périssables, casse, démarque inconnue) ;
- TVA à taux multiples (taux réduit, normal, ventes à emporter / sur place) ;
- gestion du personnel (heures supplémentaires, extras, saisonniers, pourboires, service) ;
- multiplication des points de vente pour les groupes ou franchises.
Un audit bien mené permet de sécuriser ces zones de risque, de fiabiliser vos marges et de rassurer vos partenaires (banques, bailleurs, investisseurs, repreneurs).
Audit légal 2025 : quand un restaurant doit-il nommer un commissaire aux comptes ?
Les nouveaux seuils légaux applicables depuis 2024
Depuis le 1er mars 2024, les seuils rendant obligatoire la désignation d’un commissaire aux comptes ont été relevés par le décret n° 2024‑152 du 28 février 2024. Ce relèvement s’applique aux comptes des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2024 et aux décisions de nomination prises en 2025.
Concrètement, pour la très grande majorité des restaurants exploités sous forme de SARL/EURL, SAS/SASU, SA, SNC ou SCS, la nomination d’un commissaire aux comptes devient obligatoire dès lors que l’entreprise dépasse, à la clôture d’un exercice, au moins deux des trois seuils suivants :
- 5 000 000 € de total de bilan ;
- 10 000 000 € de chiffre d’affaires hors taxes ;
- 50 salariés en moyenne sur l’exercice.
Ces seuils sont confirmés par les fiches officielles du portail Service‑public Entreprendre, par le site impots.gouv.fr et par les analyses de la CNCC.
Groupes et chaînes de restaurants : seuils spécifiques pour les filiales
Si votre restaurant fait partie d’un groupe (holding détenant plusieurs sociétés d’exploitation, réseau de franchises intégrées, etc.), les filiales significatives peuvent être soumises à des seuils plus bas. Une société contrôlée par un groupe doit désigner un CAC si elle dépasse, à la clôture d’un exercice, au moins deux des trois seuils suivants :
- 2 500 000 € de total de bilan ;
- 5 000 000 € de chiffre d’affaires HT ;
- 25 salariés en moyenne.
En pratique, un groupe de restauration avec une holding et plusieurs filiales d’exploitation peut donc être tenu de nommer un commissaire aux comptes au niveau :
- de la société mère si le groupe, pris dans son ensemble, dépasse les grands seuils (5 M€ / 10 M€ / 50 salariés) ;
- de certaines filiales dépassant les seuils de 2,5 M€ / 5 M€ / 25 salariés.
Exemples concrets pour les restaurateurs
Quelques cas typiques rencontrés dans la restauration :
- Restaurant indépendant en SAS : chiffre d’affaires 2024 de 1,2 M€, 12 salariés, 400 k€ de total de bilan. Aucun des seuils n’est approché : pas d’obligation de commissaire aux comptes, mais un audit volontaire peut être pertinent (entrée d’un investisseur, cession, etc.).
- Mini‑chaîne de 4 restaurants en SARL (société unique) : chiffre d’affaires 2024 de 11 M€, bilan 3,5 M€, 80 salariés. Deux seuils sont franchis (CA & effectif) : nomination d’un CAC obligatoire à compter de l’exercice suivant.
- Groupe avec holding + 3 filiales : chaque filiale réalise environ 4,5 M€ de CA, 30 salariés, bilan 2,2 M€. Même si les filiales restent tout juste sous 2,5 M€ de bilan, le dépassement des seuils au niveau du groupe peut imposer la nomination d’un CAC au niveau de la holding et, dans certains cas, des filiales.
Pour apprécier précisément votre situation (forme juridique, effectif moyen, périmètre de groupe), l’analyse personnalisée d’un cabinet spécialisé comme Compta Resto est fortement recommandée.
À partir de quand l’obligation s’applique-t-elle ?
Le dépassement des seuils s’apprécie à la clôture d’un exercice. Si votre restaurant dépasse, pour la première fois, au moins deux des trois seuils sur l’exercice 2024, l’obligation de désigner un commissaire aux comptes s’applique pour l’exercice suivant (par exemple 2025), avec nomination votée lors de l’assemblée d’approbation des comptes.
À l’inverse, si votre société repasse durablement sous les seuils, vous ne pouvez mettre fin à l’audit légal qu’à l’issue du mandat en cours (généralement 6 ans), comme le rappelle service‑public.fr et l’article L.823‑3 du Code de commerce.
Audit comptable volontaire : un outil stratégique même sans obligation
Pourquoi demander un audit comptable en dessous des seuils ?
En pratique, beaucoup de restaurants restent en‑dessous des seuils 5 M€ / 10 M€ / 50 salariés, mais ont tout intérêt à faire réaliser un audit contractuel. Les bénéfices sont nombreux :
- Sécuriser la comptabilité et la TVA (taux multiples, ventilation sur place / à emporter, livraisons, plateformes) ;
- Contrôler la fiabilité des chiffres clés : marge brute, coût matière, ratio masse salariale / chiffre d’affaires ;
- Préparer une transmission ou une levée de fonds en présentant des comptes audités, beaucoup plus rassurants pour un acquéreur ou une banque ;
- Tester le contrôle interne : organisation de la caisse, suivi des stocks, validation des remises et avoirs, séparation des tâches.
Compta Resto, via son offre d’audit légal et audit contractuel adaptés à la restauration, peut calibrer une mission sur‑mesure, limitée à certains cycles (ventes, trésorerie, paie…) ou couvrant l’ensemble des comptes.
Moments clés pour déclencher un audit volontaire
Quelques situations où les restaurateurs recourent fréquemment à un audit comptable volontaire :
- Ouverture ou reprise de restaurant : audit d’acquisition (due diligence) du fonds de commerce ou des titres pour vérifier la rentabilité réelle et les risques cachés.
- Forte croissance (ouvrir un deuxième, troisième établissement, passer en groupe) : audit des procédures et de l’organisation pour accompagner le changement d’échelle.
- Arrivée d’un associé ou d’un investisseur : audit indépendant pour fiabiliser les données présentées dans le business plan.
- Préparation d’une cession : comptes audités sur 2 ou 3 exercices, souvent valorisés par les repreneurs, qui y voient un gage de transparence.
Comment se déroule un audit comptable dans un restaurant ?
Les grandes étapes d’une mission d’audit
Qu’il soit légal ou contractuel, un audit comptable suit généralement les grandes phases suivantes :
- Prise de connaissance de l’exploitation : visite du ou des restaurants, compréhension du concept, de la politique tarifaire, des flux de ventes (sur place, à emporter, livraison).
- Appréciation du contrôle interne : revue des procédures de caisse, gestion des stocks, validation des factures fournisseurs, process de paie.
- Travaux de vérification : tests sur les ventes, rapprochement Z de caisse / comptabilité, circularisation de banques et principaux fournisseurs, contrôle des charges sociales et fiscales.
- Revue analytique : analyse des marges, ratios par établissement, évolution des charges fixes et variables, comparaison avec les années précédentes.
- Restitution : rapport d’audit (avec certification pour l’audit légal), lettre de recommandations, échanges avec le dirigeant sur les actions correctrices.
Spécificités de l’audit comptable en restauration
Un cabinet spécialisé comme Compta Resto connaît les points sensibles propres à la restauration :
- Caisse et moyens de paiement : cohérence entre tickets, Z de caisse, CB, espèces, titres restaurant, pourboires, plateformes de livraison.
- Stocks et coût matière : valorisation des inventaires, gestion des pertes, gratuités, casse, fiches techniques de cuisine.
- TVA : ventilation correcte des taux (plats sur place, à emporter, alcool), conformité avec la doctrine fiscale.
- Social : contrats, heures supplémentaires, travail de nuit, saisonniers, extras, service et pourboires.
Cette connaissance métier permet de cibler les contrôles là où ils sont vraiment utiles, de limiter la gêne pour les équipes et de proposer des recommandations opérationnelles (organisation de la caisse, tableaux de bord, procédures écrites).
Seuils, obligations et sanctions : quels risques en cas de manquement ?
Tableau récapitulatif des principaux seuils d’audit légal en 2025
| Situation | Formes juridiques concernées (exemples) | Seuils 2025 (au moins 2 sur 3) | Conséquence |
|---|---|---|---|
| Entreprise de restauration « seule » | SARL / EURL, SAS / SASU, SA, SNC, SCS |
Total bilan > 5 000 000 € Chiffre d’affaires HT > 10 000 000 € Effectif moyen > 50 salariés |
Nomination d’un commissaire aux comptes obligatoire |
| Filiale significative d’un groupe de restauration | Filiale contrôlée par une holding ou un groupe |
Total bilan > 2 500 000 € Chiffre d’affaires HT > 5 000 000 € Effectif moyen > 25 salariés |
CAC obligatoire pour la filiale si le groupe dépasse aussi les grands seuils |
| Associés inquiets ou investisseur | Toute forme de société, même en dessous des seuils |
Pas de seuil : possible à tout moment (ou à la demande judiciaire d’associés représentant ≥ 10 % du capital) |
Nomination d’un CAC volontaire ou sur décision du juge |
Sanctions légales en cas de non-respect de l’obligation d’audit
Le fait de ne pas nommer un commissaire aux comptes alors que les seuils sont dépassés est lourdement sanctionné. Le Code de commerce, relayé par service‑public.fr et justice.fr, prévoit :
- 2 ans d’emprisonnement maximum ;
- 30 000 € d’amende pour le dirigeant.
Au‑delà des sanctions pénales, l’absence d’audit légal peut entraîner :
- la remise en cause des comptes par un acquéreur ou une banque ;
- des difficultés à lever des fonds ou à renégocier des emprunts ;
- un risque renforcé lors d’un contrôle fiscal ou URSSAF si les process ne sont pas sécurisés ;
- une perte de confiance des associés en cas de conflit ou de résultats en baisse.
À retenir : en 2025, ignorer l’obligation de nomination d’un commissaire aux comptes n’est pas seulement risqué juridiquement, c’est aussi un handicap économique lors de toute opération stratégique (ouverture, rachat, cession).
Questions fréquentes sur l’audit comptable des restaurants en 2025
Quand un restaurant est-il obligé de nommer un commissaire aux comptes en 2025 ?
En 2025, un restaurant exploité en société (SARL/EURL, SAS/SASU, SA, SNC, SCS…) doit nommer un commissaire aux comptes si, à la clôture d’un exercice ouvert à compter du 1er janvier 2024, il dépasse au moins deux des trois seuils suivants : 5 M€ de total de bilan, 10 M€ de chiffre d’affaires HT et 50 salariés. Pour une filiale de groupe, les seuils tombent à 2,5 M€ de bilan, 5 M€ de CA et 25 salariés. L’obligation s’applique à l’exercice suivant celui où les seuils sont franchis.
Quelle est la différence entre audit comptable légal et audit contractuel ?
L’audit légal est imposé par la loi au‑delà de certains seuils. Il est réalisé par un commissaire aux comptes, qui doit exprimer une opinion de certification sur les comptes annuels. Sa mission est strictement encadrée (indépendance, normes professionnelles, rapport formalisé) et engage sa responsabilité. L’audit contractuel, lui, est une mission librement décidée par le dirigeant ou les associés, en‑dessous des seuils ou pour un besoin ponctuel : revue avant cession, contrôle interne de la caisse, validation des marges, etc. Le périmètre est défini sur mesure, mais la démarche reste structurée.
Combien coûte un audit comptable pour un restaurant ?
Le coût d’un audit dépend de plusieurs paramètres : taille du restaurant ou du groupe (chiffre d’affaires, nombre d’établissements, volume d’écritures), complexité de l’organisation (multi‑sociétés, franchise, plateformes de livraison), type de mission (audit légal complet ou audit ciblé sur certains cycles) et niveau d’accompagnement souhaité. Plutôt que de donner un montant standard peu fiable, il est préférable de demander un devis personnalisé après un échange sur votre situation. Chez Compta Resto, cette phase de cadrage permet d’adapter le budget à vos contraintes.
Comment bien se préparer à un audit comptable quand on est restaurateur ?
Une bonne préparation réduit le stress et le temps passé pendant l’audit. Il est conseillé de : mettre à jour votre comptabilité (rapprochements bancaires, lettrage), organiser vos justificatifs (factures fournisseurs, contrats, baux, emprunts), sécuriser la gestion de caisse (procédures écrites, archivage des Z de caisse, contrôle des écarts), documenter la gestion des stocks (inventaires, fiches techniques) et vérifier la conformité sociale (contrats, bulletins de paie, planning). Un cabinet spécialisé peut vous proposer un pré‑audit pour corriger les points sensibles avant la mission officielle.
Un petit restaurant peut-il quand même demander un audit comptable ?
Oui, et c’est même souvent une bonne idée à certains moments clés : reprise d’un fonds de commerce, ouverture d’un deuxième point de vente, arrivée d’un associé, difficultés de trésorerie, préparation d’un contrôle fiscal. Un audit ciblé (par exemple sur la caisse, les stocks ou les marges) permet d’identifier rapidement les anomalies et d’y remédier avant qu’elles ne se transforment en pertes ou en redressements. La mission est alors calibrée à la taille du restaurant, avec un nombre de jours d’intervention raisonnable et des recommandations très opérationnelles.
Et maintenant, comment sécuriser les comptes de votre restaurant ?
Que vous soyez déjà au-dessus des seuils légaux ou simplement en phase de croissance, l’audit comptable est un levier puissant pour sécuriser votre restaurant et piloter sereinement votre activité. Compta Resto met à votre disposition une équipe d’experts dédiés à la restauration, capable d’intervenir aussi bien en audit légal (commissariat aux comptes) qu’en audit contractuel sur‑mesure.
Pour faire le point sur vos obligations 2025, anticiper un changement d’échelle ou préparer une cession, vous pouvez découvrir nos services dédiés aux restaurateurs ou demander dès maintenant un devis d’audit comptable personnalisé. Ensemble, mettons vos comptes au niveau d’exigence que votre projet mérite.



